Steve Bannon veut passer « à l’offensive » après son inculpation dans l’enquête sur l’assaut du Capitole

Il comparaissait, lundi 15 novembre, devant un tribunal de Washington dans le cadre de son inculpation pour « entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès » sur l’attaque contre le Capitole, le 6 janvier. A l’issue de son audition, Steve Bannon, proche allié de l’ancien président américain Donald Trump, a promis de passer à l’« offensive » contre le pouvoir américain.

« Nous sommes fatigués de jouer la défense », a-t-il lancé à la presse, accusant le président démocrate Joe Biden d’avoir directement ordonné les poursuites. « Ce pays s’est bâti sur la liberté d’expression », a-t-il ajouté, promettant « l’enfer » aux responsables démocrates. « Tenez-vous prêts », a-t-il répété, reprenant une phrase polémique de Donald Trump pendant la campagne, quand ce dernier avait appelé le groupuscule d’extrême droite Proud Boys à se « tenir prêt ».

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L’ancien conseiller de 67 ans est poursuivi pour avoir refusé de témoigner et de transmettre des documents à la commission spéciale de la Chambre des représentants qui enquête sur le rôle de l’ancien président républicain dans l’assaut de ses partisans sur le temple de la démocratie américaine. Il a été présenté à la juge fédérale Robin Meriweather qui lui a signifié les charges pesant contre lui, avant d’être remis en liberté. M. Bannon doit comparaître de nouveau jeudi, à 9 heures locales (soit 15 heures à Paris) devant un autre juge. Il encourt entre trente jours et un an de prison pour chaque chef d’inculpation.

« Tout ceci, c’est du bruit »

Inculpé vendredi, il s’était présenté lundi matin devant les locaux de la police fédérale (FBI) pour être formellement arrêté. « Nous combattons le régime Biden tous les jours », avait-il déclaré à la presse à son arrivée, affirmant que « tout ceci, c’est du bruit ». Malgré sa convocation devant les élus à la mi-octobre, Steve Bannon ne s’était pas présenté en invoquant le droit des présidents à garder certains documents et discussions confidentiels.

Conseiller discret mais très influent, il avait joué un rôle crucial dans l’élection de Donald Trump en donnant un virage résolument populiste à la campagne du milliardaire républicain en 2016, avant d’être poussé vers la sortie l’année suivante. Il n’exerçait aucune fonction officielle le 6 janvier, mais la commission d’enquête le soupçonne d’avoir parlé de la manifestation avec le président dans les jours précédents. Il faisait notamment partie de la « cellule de crise » dirigée par des conseillers de Donald Trump depuis un hôtel de luxe de Washington. Son témoignage doit permettre aux élus de comprendre ce que faisait le locataire de la Maison Blanche avant et pendant l’assaut.

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L’inculpation de M. Bannon est selon la commission spéciale de la Chambre des représentants « un message clair » sur les risques encourus par tous ceux qui refuseraient de coopérer avec elle. Le temps compte pour cette commission, contrôlée par les démocrates mais qui pourrait être démantelée si les républicains devaient remporter les élections de mi-mandat, en novembre 2022.

D’autres assignations contre des proches de Trump

La commission, qui a déjà entendu plus de 150 témoins, a récemment lancé de nouvelles assignations contre des proches du milliardaire républicain, dont son ancienne porte-parole à la Maison Blanche Kayleigh McEnany ou son conseiller Stephen Miller. Un autre proche de Donald Trump, son ancien chef de cabinet Mark Meadows, a également snobé, vendredi, une citation à comparaître, après qu’un juge a suspendu jusqu’au 30 novembre la transmission de documents internes de la Maison Blanche à la commission.

Les documents en question comprennent notamment les dossiers d’anciens proches conseillers de Donald Trump, ainsi que le journal quotidien de la Maison Blanche – un compte rendu de ses activités, déplacements, briefings et appels téléphoniques. Mais pour la commission d’enquête, le président Biden a autorisé la publication des documents et M. Meadows est dans l’obligation de témoigner au risque d’être lui aussi inculpé d’entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès.

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Le 6 janvier, des milliers de partisans de Donald Trump s’étaient rassemblés à Washington au moment où le Congrès certifiait la victoire de Joe Biden. L’ancien magnat de l’immobilier s’était adressé à la foule, martelant, sans fondement, que l’élection lui avait été « volée ». Plusieurs centaines de manifestants s’étaient ensuite lancées à l’assaut du Congrès, semant le chaos et la violence jusque dans l’hémicycle.

Le Monde avec AFP

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