July 28, 2021

Le Néerlandais Bauke Mollema s’impose à Quillan

Que retenir de la quatorzième étape du Tour de France entre Carcassonne et Quillan (Aude), avec 183 km de parcours accidenté et pas moins de cinq difficultés ?

Premièrement, que Bauke Mollema (Trek-Segafredo) est un sacré routard. Le Néerlandais de 34 ans a gagné, échappant à un groupe de quatorze coureurs à 27 km de l’arrivée et réussissant à garder l’écart.

Revivez la 14ème étape du Tour de France : Victoire du Néerlandais Bauke Mollema, Guillaume Martin 2e au général

Puis, que Guillaume Martin, dès le départ du Tour, illumine l’équipe Cofidis d’une lampe sous-marine – la formation flottant si longtemps entre deux eaux. Le Normand, gravissant sagement tous les paliers de décompression de la journée, est revenu à la surface du général, grâce à ses jambes et son intelligence de course. Neuvième au classement général vendredi, il monte désormais sur le podium à 4h04 du maillot jaune, du Slovène Tadej Pogacar (UAE Emirates), et chasse même le Colombien Rigoberto Uran (EF Education-Nippo) de la deuxième place. Ce qui ne surprendra personne, tant cet homme, doux, pensif, cérébral et si subtil dans ses propos, est un catalogue en soi des qualités rêvées chez un coureur.

” Survivre. Et survivre demain ”

Auparavant, le peloton, qui avait quitté Carcassonne et ses remparts pour une longue incursion en Ariège, marquée par l’ascension du col de Montségur, classé en deuxième catégorie, déplorait deux non-partants : le Français Warren Barguil et le Danois Soren Kragh Andersen , respectivement dirigeants d’Arkéa-Samsic et de DSM – ex-Sunweb pourtant irrésistible en 2020, et aujourd’hui transparent.

C’est précisément au sommet du col de Montségur que le peloton, qui avait repris les premiers échappés du jour – Kristian Sbaragli (Alpecin Fenix), Maxime Chevalier (B&B Hotels P/B KTM) et Anthony Turgis (TotalEnergies) -, l’ascension commence avec sa main.

La première heure, courue à une moyenne de 48,3 km/h, s’est déjà plutôt bien passée. Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic), qui était tombé la veille et boitait bas, avait alors près de huit minutes de retard à la sortie du col du Bac (KM 50). Chris Froome (Israel Start-up Nation) l’accompagne dans ce qui ressemble à un long martyre commun. Le matin de la scène, le Britannique, qui a été interrogé sur ses réflexions sur la journée, a chuchoté : ” Survivre. Et survivre demain. “

Au sommet de Montségur, Wout Poels (Bahrain Victorious) prend la tête et empoche les cinq points pour le maillot à pois. Le Néerlandais devance le Canadien Michael Woods (Israël Start-up Nation), l’Italien Mattia Cattaneo (Deceuninck-Quick Step) et le Colombien Esteban Chaves (BikeExchange).

Pogacar ne peut pas perdre

Dès les premières pentes du Col de la Croix des Morts (deuxième catégorie), Quentin Pacher et Pierre Rolland, coéquipiers de B&B Hôtels, sortent du peloton. Derrière le trio de tête et le groupe de poursuivants : Guillaume Martin (Cofidis), Elie Gesbert (Arkéa-Samsic) et Valentin Madouas (Groupama-FDJ) rallie le duo tricolore. Les quatre hommes sont à 1 min 51 s du leader. Martin, le mieux placé du classement général, ramènera le groupe tricolore en tête de la course.

Quatorze hommes sont alors en tête. Le peloton lâche prise. Avec quatre minutes de retard au sommet de la butte des Gallinagues, à 57 km de l’arrivée, l’affaire est en bonne voie : nul doute que la victoire finale se jouera entre les routards.

Poels prend la tête en tête avec Michael Woods juste derrière. Ce dernier devient pratiquement un maillot à pois, mais tombe dans la descente. Levez-vous et chassez pour revenir. Derrière, le peloton et notamment ses experts de la haute montagne, se lissent les plumes, attendant de décoller pour quelle sera, dimanche, l’étape qui pourrait bouleverser les programmes ? Il y a deux jours, Richard Carapaz (Ineos-Grenadiers) confiait à Le pays que pour lui, Pogacar ne peut pas perdre le Tour, s’amusant avec le « faux échec » slovène au Mont Ventoux quelques jours plus tôt. Comprenez que la corde est un peu épaisse.

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Le « Tour de France le plus difficile »

Thomas De Gent (Lotta-Soudal), le coureur flamand qui manie l’ironie et l’autodérision avec brio, il joue franc jeu. Et c’est avec un ton beaucoup plus sérieux sur la ligne de départ qu’il confiait courir le « Le Tour de France le plus difficile » de sa carrière. Le randonneur-grimpeur, également rouleur, huit participations sur la Grande Boucle, a terminé dans le 85e lieu, à plus de 17 minutes de Mollema. Pour Arkéa-Samsic, ce n’était pas une bonne journée non plus : l’équipe bretonne, dont le sprinteur Nacer Bouhanni a été en détresse toute la journée (147e à plus de 36 min), tient désormais dans une voiture avec quatre coureurs toujours en lice. En plus de cela, elle a perdu le maillot à pois de Nairo Quintana au profit de Woods…

A 27 km du but, c’est le moment que choisit le Néerlandais Bauke Mollema pour sortir seul sur une portion roulante. Il continue de creuser l’écart avec le groupe de poursuivants et compte 1 min 12 s d’avance. Le coureur Trek-Segafredo est alors en route vers le deuxième succès de sa carrière sur la Grande Boucle, après sa victoire en 2017 au Puy-en-Velay (Haute-Loire), où il s’était déjà imposé en solitaire après avoir attaqué 25 kilomètres. de l’arrivée.

Mollema est une professionnelle appliquée. Pas du tout un professeur de saut périlleux. Ces références témoignent de son sérieux. Elevée au sein de la Rabobank, une équipe qui à l’époque sentait les flacons et les petits tubes à essai et qui faisait dresser les cheveux des adeptes rien que par la simple prononciation du nom. C’est du passé, bien sûr. Parce que Mollema a d’autres ornements plus prestigieux. Un beau mec, comme on disait dans l’industrie.

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