June 23, 2021

La Turquie d’Erdogan, grande perdante du concept de tournoi divisé

Sauf rebondissement de dernière minute, Recep Tayyip Erdogan ne devrait pas prendre place à la tribune d’honneur du stade Olimpico de Rome, vendredi 11 juin, pour assister au match d’ouverture de l’Euro 2021 de football entre l’Italie et la Turquie. En revanche, le chef de l’Etat turc sera à Bakou, capitale de son allié, l’Azerbaïdjan, pour les deux autres matches de poule de “sa” sélection, prévus les 16 et 20 juin contre le Pays de Galles et la Suisse.

Grand fan de football, surnommé « Imam Beckenbauer » dans sa jeunesse pour son talent ballon aux pieds, M. Erdogan ne porte pas particulièrement dans son cœur les dirigeants de l’Union des associations européennes de football (UEFA). N’ont-ils pas privé Istanbul, le 29 mai, de la réception de la finale de Ligue des champions entre Chelsea et Manchester City au profit de Porto, en raison de restrictions de déplacement entre la Turquie et le Royaume-Uni ? Une décision purement ” Politique “, selon M. Erdogan.

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Le dirigeant garde surtout dans la gorge les cinq échecs consécutifs de la candidature de son pays à l’organisation de l’Euro, organisé par l’UEFA. La dernière défaite en date a eu lieu en septembre 2018 contre l’Allemagne, choisie pour accueillir l’édition 2024. Avant cela, le ticket formé par la Turquie et la Grèce n’avait pas été retenu pour l’Euro 2008. Ensuite, les Turcs avaient subi un nouveau revers face au tandem formé par l’Ukraine et la Pologne pour l’édition 2012.

M. Erdogan n’a pas non plus digéré la courte défaite (7 voix contre 6) de la Turquie face à la France, en 2010, lors du vote pour l’attribution de l’Euro 2016. A l’époque Premier ministre, il avait cru pouvoir prendre sa revanche en se présentant aux élections législatives. organisation de l’édition 2020. Il comptait sur un allié puissant : Michel Platini, alors président de l’UEFA.

« Dans un premier temps, Michel a compris la grande frustration de la Turquie, qui avait perdu d’une seule voix l’Euro 2016, après avoir perdu l’édition 2012. Il s’est dit prêt à soutenir une candidature turque pour l’édition 2020 », précise William Gaillard, ancien conseiller de M. Platini.

Risque d’« éléphants blancs »

En septembre 2011, M. Erdogan a également décidé de lancer Istanbul dans la course à l’organisation des Jeux olympiques d’été de 2020. En mai 2012, la commission exécutive du Comité international olympique (CIO) a validé les candidatures d’Istanbul, comme celles de Madrid et de Tokyo, leur permettant d’accéder à la deuxième phase du processus d’attribution.

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