June 23, 2021

Entre bulles sanitaires et jauges limitées dans les stades, un Euro en mode Covid

C’est un Euro de football pas comme les autres qui s’ouvre vendredi 11 juin à Rome, avec une Turquie – Italie prometteuse. Par son organisation inédite : onze stades dans onze pays différents à travers le continent. Et par le contexte : reportée d’un an à cause de la pandémie de Covid-19, la compétition, qui s’achèvera le 11 juillet au stade de Wembley à Londres, sera marquée par des conditions sanitaires drastiques pour les équipes et les supporters. Bulles, quarantaine, fan-zones… Tour d’horizon des mesures mises en place.

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  • Isolement et tests stricts pour les équipes

Réunis pour la plupart depuis fin mai, les 24 équipes participant à l’Euro, et leur staff, sont soumis à un isolement strict. L’équipe de France est ainsi “confinée” dans son camp de base de Clairefontaine (Yvelines). Jusqu’au 14 juin, date de leur départ pour Munich, où ils affronteront l’Allemagne le lendemain, les Bleus ne peuvent sortir qu’à de rares occasions : balades à vélo en forêt ou matchs amicaux joués à Nice contre le Pays de Galles. et au Stade de France contre la Bulgarie.

« On peut tout imaginer : un livreur qui va toucher une poignée, on la touche ensuite et ça y est, le virus se transmet. Il faut tout prévoir, même l’imprévisible », expliquait, début mai, Guy Stéphan, l’entraîneur adjoint Didier Deschamps. Si l’épidémie recule nettement en France, le risque est encore grand de voir apparaître une source de contamination dans le groupe. Comme ce qui s’est passé au rugby avec le XV de France, où douze joueurs et quatre membres de la direction ont contracté le Covid-19 lors du Tournoi des Six Nations, en début d’année.

Les joueurs devront également se soumettre à des tests réguliers, espacés de quatre jours au maximum pendant la compétition. Quant à la vaccination, aucune consigne n’a été donnée par l’organisateur, l’UEFA, mais une partie des délégations aura déjà reçu une ou deux injections. La direction des Bleus a été vaccinée avant fin mai, mais rien n’a été organisé pour les joueurs, laissés à leur “Choix personnel”.

  • Le Covid-19 perturbe déjà certaines équipes

Avant même son coup d’envoi, l’Euro connaît des premières alertes sanitaires avec au moins quatre cas positifs détectés dans trois équipes différentes : deux pour la Suède, un pour l’Espagne et un autre dans le groupe des Pays-Bas.

Côté espagnol, la mauvaise nouvelle est venue du capitaine Sergio Busquets diagnostiqué positif dimanche 6 juin. Le défenseur Diego Llorente, testé positif mercredi, est finalement considéré comme faux positif après avoir été testé négatif jeudi. Dès les premiers résultats connus, l’Espagne a adopté des mesures d’isolement drastiques, obligeant ses joueurs à s’entraîner seuls jusqu’à la fin de la supposée période d’incubation.

L’entraîneur espagnol, Luis Enrique, a dû s’adapter : l’Espagne a envoyé son équipe des Espoirs disputer mardi soir son dernier match de préparation contre la Lituanie (4-0), et l’entraîneur asturien a retenu en urgence six réservistes et onze membres de l’équipe Espoirs. être prêt à toute éventualité. Le ministère espagnol de la Santé a annoncé mercredi 9 juin que toute la sélection sera vaccinée dans les prochains jours.

Parmi les Suédois, qui affronteront… l’Espagne pour leur premier match de l’Euro, lundi 14 juin, Dejan Kulusevski et Mattias Svanberg ont été diagnostiqués positifs et ne joueront pas cette première rencontre. La sélection a également annoncé la mise en place de tests rapides quotidiens et une augmentation du nombre de tests PCR, des réunions en salle en petits groupes et dans des espaces plus grands.

C’est pour ces raisons que l’UEFA avait autorisé les entraîneurs à retenir 26 joueurs au lieu de 23. Si toutefois un cluster se présente dans une sélection, son match sera joué si elle compte au moins treize joueurs, dont au moins un. Gardien. Si ce n’est pas le cas, le match sera reprogrammé dans les 48 heures dans un autre stade. Et si ce n’est pas possible, l’équipe sera pénalisée d’une défaite par forfait (0-3), car « Responsable de l’annulation de la réunion ».

  • Dans les stades, des écartements variables

Malgré une situation sanitaire encore fragile à travers le continent, l’UEFA a demandé aux villes organisant des matches d’accueillir le public dans les stades. Face à cette obligation, Bilbao et Dublin se retirent au dernier moment. Les matchs prévus à Bilbao ont été transférés à Séville et ceux prévus à Dublin se dérouleront à terme à Saint-Pétersbourg et à Londres.

« Chaque site, chaque ville, chaque pays a défini sa formule » organiser ce retour des spectateurs, a expliqué à l’AFP Daniel Koch, conseiller santé de l’UEFA. Budapest s’est engagé à remplir son stade – environ 68.000 spectateurs – à condition d’une vaccination complète pour les Hongrois, et d’une vaccination ou d’un test négatif pour les étrangers.

Autres bons élèves : Bakou et Saint-Pétersbourg se sont engagés à remplir 50% de leurs stades. A l’inverse, Munich n’admettra que 22% du public dans sa mythique Allianz Arena, soit 14 000 personnes au maximum.

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  • Pour les supporters, des obstacles aux frontières

Pour les supporters qui souhaitent suivre leur équipe, l’obstacle majeur sera aux frontières, alors que seuls l’Azerbaïdjan, la Hongrie et la Russie ont, pour l’instant, mis en place des procédures particulières pour les détenteurs de billets, qui seront ainsi dispensés de quarantaine sur leur arrivée. Bucarest envisage de faire de même pour les visiteurs séjournant moins de trois jours sur place et présentant un test négatif au Covid-19.

Mais des restrictions sont en vigueur partout ailleurs et notamment au Royaume-Uni, face à un déferlement de la variante Delta apparue en Inde, et qui doit accueillir les demi-finales et la finale à Londres. Ces mesures peuvent varier selon le pays d’origine du détenteur du billet.

  • Et les fan-zones en France ?

Ils avaient connu un grand succès à l’Euro 2016 ou à la Coupe du monde 2018. Mais pour cette compétition, la plupart des villes hésitent encore à mettre en place à nouveau des fan-zones pour les matchs.

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a confirmé le 4 juin que de tels espaces pourraient être installés, mais avec l’obligation de rester assis et d’une capacité maximale de 5 000 personnes, jusqu’au 30 juin – une date marquant un assouplissement des mesures sanitaires en France. « Après cette date, nous reviendrons à plus ou moins de normalité », elle espère.

Avec ces conditions encore drastiques, de nombreuses villes préfèrent cependant attendre juillet et le début de la phase finale – en espérant que la France soit toujours qualifiée – pour mettre en place ces fameuses fan-zones.

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