June 21, 2021

Stefanos Tsitsipas ou l’éloge de la constance

La performance de Daniil Medvedev sur la terre battue parisienne n’obtiendrait peut-être pas un 10/10 en note artistique mais pour un “Vache sur une patinoire” (l’image est de lui), elle mérite au moins les encouragements du jury. Jusqu’à cette édition de Roland-Garros, le Russe, 25 ans, n’avait pas passé le moindre tour à Porte d’Auteuil en quatre participations. Allergique en surface, ce qui ne convenait pas à son physique ou à son style de jeu atypique, pensait-il.

Mardi 8 juin, le n°2 mondial affrontait Stefanos Tsitsipas (n°5) pour une place dans le dernier carré du tournoi de Paris, mais le Grec a brutalement interrompu sa romance naissante avec l’ocre (6-3, 7-6, 7 -5).

Pour ce premier choc entre poids lourds de la quinzaine, les organisateurs avaient espéré une dérogation pour anticiper un jour le passage du couvre-feu à 23 heures – en vain. Les deux joueurs ont donc été contraints de s’affronter dans un chaudron à ciel ouvert mais déserté, sans la moindre électricité dans l’air. Le Russe a peu goûté la punition : « C’était définitivement le match du jour. Roland-Garros a donc préféré Amazon au public », Il a déploré après coup, évoquant la plateforme payante, qui diffuse exclusivement des séances en soirée, une nouveauté pour cette année.

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Bruit de camion

Dès le début du match, Medvedev avait l’air d’une mauvaise journée. Les bruits d’un chariot résonnant dans les baies le firent sortir de ses gonds : ” Quel est ce bruit ? C’est Roland-Garros ou un tournoi Futures [la troisième division du circuit] ? », s’est-il plaint à l’arbitre, avant de réprimander le malheureux employé.

Stefanos Tsitsipas, il ne s’est pas laissé distraire. Dans la chaleur nocturne du Court Central, le Grec était à la fois le patron au service (73% de points gagnés sur la première balle) et à la ligne de fond, faisant parler sa science presque innée de la terre. Sa citation préférée ? La sienne. « Il ne faut pas attendre les opportunités, il faut les créer », a-t-il révélé cette semaine. Face à Medvedev, les paroles ont été suivies d’actes. De façon réaliste, il a relevé son niveau de jeu lorsque cela était nécessaire, comme au tie-break du deuxième set et au milieu du troisième set pour revenir sur son adversaire, qui lui avait volé sa mise au jeu. Le tout sans jamais paniquer ni donner l’impression de surjouer.

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Entre les deux joueurs, l’opposition des styles est parfaite : un (le grec), revers à une main, esthète du jeu et attaquant de fond de court ; l’autre, des coups plats et une technique un peu académique, mais qui, en bon joueur d’échecs, n’aime rien tant que rentrer dans le cerveau de son adversaire. “Daniil Medvedev gagne moche mais gagne beaucoup”, avait un jour titré le New York Times, paraphrasant Brad Gilbert et son « gagner moche ».

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