June 23, 2021

Avec la Formule 1 et le MotoGP, le sport automobile séduit un public grandissant

Depuis l’épilogue du football de Ligue 1, le 23 mai, Canal+ n’a plus son produit phare du sport sur ses antennes. Mais la chaîne cryptée n’a rien à craindre : en attendant la reprise de la saison, début août, les sports mécaniques animeront, au cours des prochains week-ends, la grille de ses programmes sportifs. Et ce, dès le dimanche 6 juin avec le Grand Prix d’Azerbaïdjan de Formule 1 et celui de Catalogne en MotoGP.

Depuis le début de la saison 2021, fin mars, les deux disciplines battent régulièrement des records d’audience sur Canal +, au point, parfois, de dépasser ceux des matches de Ligue 1. Au Grand Prix de F1 de Monaco, le 23 mai, 1,35 million de téléspectateurs en moyenne ont regardé la course, et 1,1 million ont regardé le Grand Prix de France MotoGP une semaine auparavant.

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Des records d’audience qui reflètent une attirance croissante pour les sports mécaniques. « Pour la Formule 1, c’est la suite logique de la saison 2020 qui était incroyable à tous points de vue. Concernant le championnat MotoGP, c’est vrai qu’on est plus surpris », reconnaît Thomas Sénécal, directeur adjoint de la rédaction sportive de Canal+, diffuseur des deux disciplines depuis 2013. Dans le monde des deux-roues, cet intérêt soudain s’explique principalement par l’émergence du duo Fabio Quartararo-Johann Zarco. Les deux Français occupent actuellement les deux premières places du championnat du monde des pilotes.

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Quartararo, tout juste 22 ans, a explosé aux yeux du grand public en remportant trois des six premières courses de la saison. Son ami Zarco a trouvé, à 30 ans, une stabilité qui lui permet de viser plus haut que d’habitude pour ses 5e saison dans l’élite mondiale de la moto. « Une discipline sportive est toujours portée par des champions. Et le fait qu’il y ait deux français dans la catégorie haut, ça offre une caisse de résonance ”, se félicite Sébastien Poirier, président de la Fédération française de motocyclisme (FFM).

Des pilotes appréciés du jeune public

En Formule 1, Esteban Ocon et Pierre Gasly portent haut dans le paddock les couleurs de la France. Gasly est devenu le premier Français à remporter un Grand Prix depuis 1996, date à laquelle il l’avait remporté en Italie en 2020. Leur succès saute aux yeux, tout comme leur accessibilité, leur fraîcheur et leur propension à apparaître sur les réseaux sociaux. « Ce sont des jeunes qui ont des personnalités, qui forment un pilier fort de la communauté du sport automobile en France. », assure Thomas Sénécal.

D’autres pilotes, comme Lando Norris, George Russell ou Charles Leclerc sont également très appréciés d’un jeune public qui les suit lors de diffusions en direct sur la plateforme de streaming vidéo Twitch. D’un point de vue sportif, le duel entre Max Verstappen, leader au classement des pilotes avant le Grand Prix de Bakou, et Lewis Hamilton captive également, après plusieurs années de domination du Britannique et de son équipe, Mercedes.

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Comme tous les autres pilotes, Hamilton a fait l’objet d’un épisode dans la troisième saison de Conduire pour survivre sur Netflix. Véritable phénomène depuis 2019, la série, qui plonge les téléspectateurs au cœur de la vie du paddock, a converti un large public à la Formule 1. Canal+ a profité du phénomène : « Même si nous n’avons pas attendu 2019 pour créer notre propre contenu », rétorque Sénécal. « Mais tout ce qui peut attirer et éveiller la curiosité des gens pour la F1, nous l’accueillons avec bienveillance. »

Le tournant de Liberty Media

Comme Netflix, Canal+ a profité du rachat de la Formule 1 par Liberty Media en 2017. Le groupe américain n’hésite pas à dérouler le tapis rouge aux caméras pour proposer du contenu à l’intérieur (en immersion) aux téléspectateurs. Un virage à 180 degrés par rapport à ce que la discipline offrait jusqu’à présent, il a incontestablement porté ses fruits. Un succès que jalouse Dorna Sports, promoteur du championnat du monde MotoGP, qui serait proche d’un accord avec Amazon pour produire une série similaire.

La discipline dans laquelle Quartararo et de Zarco excellent a l’avantage d’être plus accessible, avec une durée de course variant entre trente-cinq et quarante-cinq minutes, moins de stratégie, plus d’intensité et de rebondissements… « Ce format court s’intègre bien au spectacle sportif d’aujourd’hui », affirme Sébastien Poirier qui est fier de voir « Que nous atteignions plus de téléspectateurs ». « C’est nouveau puisqu’on perçoit dans la fédération des supporters qui ne sont pas des motards. »

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La FFM cherche également à profiter de cet élan pour démocratiser la pratique du deux-roues, alors que les sports mécaniques sont encore perçus comme élitistes. Alors que la majorité des sports ont souffert financièrement depuis le début de la pandémie, « les motos MotoGP et la Formule 1 ont été peu impactées dans le sens où le spectacle sportif n’a pas été altéré par l’absence du public », explique Thomas Sénécal.

Avec l’amélioration en cours, Canal+ pourrait voir certains concurrents se positionner dans les années à venir sur les deux disciplines – dont les droits de diffusion sont encore bon marché (60 millions d’euros par an pour la Formule 1 et 8 millions pour le MotoGP) contre 365 millions euros dépensés par le groupe pour la saison 2020-2021 de Ligue 1. Mais, d’ici là, la chaîne cryptée entend bien en profiter et, pourquoi pas, battre d’autres records d’audience de cette saison.

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