June 25, 2021

Portugal, tout sur l’équipe

Sélection de Quinas, en référence à coins, les petites armoiries bleues de l’emblème national. Mais en présence d’un supporter portugais, faites simple et privilégiez « A Seleção ».

  • Le calendrier (heure française)

15 juin : Portugal-Hongrie, 18h, à Budapest

19 juin : Portugal-Allemagne, 18h, à Munich

23 juin : Portugal-France, 21h, à Budapest

Les deux premiers de chaque groupe, ainsi que les quatre meilleurs tiers, se qualifient.

  • L’équipe qui devrait jouer

Rui Patrício – Raphaël Guerreiro, Képler Laveran Lima Ferreira (Pepe), Rúben Dias, João Cancelo – Danilo Pereira, João Moutinho (ou Ruben Neves), Bruno Fernandes – Bernardo Silva, Cristiano Ronaldo, Diogo Jota.

Champion d’Europe en titre (2016), finaliste en 2004 et demi-finaliste en 1984, 2000 et 2012, le Portugal s’apprête à disputer son huitième Euro, qui est aussi le septième consécutif.

  • Le gérant : Fernando Santos

L’homme est connu pour n’avoir ni agent ni ennemi. Catholique pratiquant, Santos (66 ans) a dirigé le Benfica Lisbonne, le Sporting et le FC Porto, ce qui est presque œcuménique quand on connaît les rivalités entre ces trois grands clubs. Depuis le 10 juillet 2016 et le titre de champion d’Europe, premier trophée international du Portugal, cet ingénieur de formation est devenu une figure intouchable.

En poste depuis septembre 2014, Fernando Santos a réussi à remporter l’Euro avec un Sélection encore moins brillant que d’autres, mais grâce à un esprit de corps rarement observé. Cinq ans plus tard, il a un groupe plus talentueux, dans lequel ont émergé des joueurs comme Diogo Jota, João Felix, Bruno Fernandes et Bernardo Silva. Sur le terrain en revanche, il semble toujours chercher la bonne équation autour d’un Cristiano Ronaldo qui marque toujours autant (103 buts), mais qui vampirise le jeu.

  • Un joueur : Rui PatrjeC’est

De la finale du dernier Euro contre la France, l’histoire a retenu le but d’Eder, le parfait héros « warholien »., ou la posture au toucher d’un Ronaldo blessé. C’est pourtant Rui Patrício (33 ans) qui fut le principal artisan de cette victoire.

Décisif à plusieurs reprises (ah ! cette reprise de la tête d’Antoine Griezmann déviée du bout des gants), sauvé par son poteau sur une frappe d’André-Pierre Gignac, le joueur de Wolverhampton garde les cages du Sélection puisque dix ans.

Lire aussi : Portugal – France 2016 : Eder, Ronaldo et les papillons de nuit

Même s’il a été l’auteur de quelques ballons mémorables (comme cette superbe passe d’Eden Ben Basat contre Israël), Patrício peut gagner des matchs à lui tout seul. Et affiche un calme rassurant pour ses coéquipiers. Il faut dire qu’il est adepte de l’Atma Kriya Yoga, « Une combinaison de puissantes techniques de yoga et de méditation qui agissent en profondeur sur notre ouverture du cœur », dit son maître spirituel Paramahamsa Vishwananda.

Le gardien portugais Rui Patricio célèbre le titre européen de son équipe le 10 juillet 2016 à Saint-Denis.

Le 12 juin 2004, Cristiano Ronaldo dos Santos Aveiro (pour l’état civil) avait 19 ans, une peau encore ingrate et une première saison intéressante à Manchester United dans les jambes. A l’ouverture de l’Euro, le Portugal était mené 1-0 par la Grèce, lorsque l’enfant de Madère a remplacé Simão Sabrosa à la mi-temps. Il lui faut à peine six minutes pour briller avec une faute d’« attaquant » (comprenez « maladroit ») sur Yourkas Seïtaridis : penalty et 2-0 pour la Grèce. La fête est gâchée ce samedi après-midi à Porto.

Lire aussi : Grèce – Portugal 2004 et les larmes du jeune Ronaldo

Preuve que le garçon a déjà de la ressource et du caractère, il va néanmoins redonner un peu d’espoir à sa famille avec une tête en fin de match. Mais un mois plus tard, c’est à nouveau contre la même équipe grecque que le Portugal va perdre en finale, tout un pays qui pleure avec sa future idole.

En 1987, l’écrivain José Saramago (1922-2010) publie Le Radeau de Pierre, dans lequel il imagine que la péninsule ibérique se détache du continent pour dériver dans l’Atlantique. Un an après l’intégration du Portugal dans la CEE, ce roman est perçu comme une critique de la Communauté européenne. Sympathisant communiste, le futur prix Nobel de littérature (1998) identifiait, en effet, l’Europe, le libéralisme économique et le capitalisme.

Dans une interview avec Revue littéraire en 2000, José Saramagno s’est défendu d’être un “eurosceptique” et vu dans Le Radeau de Pierre (Seuil) « Le remorqueur qui entraînerait toute l’Europe vers le sud, qui l’éloignerait des ambitions triomphalistes et hégémonistes du Nord ». Autrement dit, l’écrivain imaginait déjà, deux décennies à l’avance, l’adéquation entre l’Europe des « frugales » et celle des « dépensiers ».

En 2017, le Portugal reste sur quatre éliminations en demi-finales lorsque le pays choisit Salvador Sobral pour le représenter. Ancien étudiant en psychologie, fan de bossa nova et mal à l’aise avec la notoriété, le jeune homme correspond mal au profil de candidat de l’Eurovision. Et amour pour deux, la chanson lente et mélancolique composée par sa soeur Luisa, Pas plus. Mais ce 13 mai 2017, à Kiev, seul sur scène et tout de noir vêtu, Salvador Sobral met le public et le jury d’accord.

Un Super Bock ou un Sagres pour le côté houblonné, accompagné d’une assiette de Chorizo, cette petite saucisse assaisonnée de paprika, d’ail, de cumin et de vin blanc qui a récemment fait son apparition dans certains restaurants en France. Pour finir sur une note sucrée : l’incontournable gateau à la crème. A savourer avec de la cannelle pour faire « like » à Lisbonne.

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