Sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping, sans illusion face à des tensions croissantes

Joe Biden et Xi Jinping ont tenu, lundi 15 novembre, un sommet virtuel très attendu, le président américain soulignant le besoin de « garde-fous » pour éviter « un conflit » entre les deux pays et son homologue chinois plaidant pour une meilleure « communication ».

Joe Biden a assuré que « la compétition entre les deux pays ne devait pas se transformer en un conflit, qu’il soit intentionnel ou non », lors de cet échange qui intervenait alors que les contentieux s’accumulent entre Washington et Pékin, à propos de Taïwan, mais aussi des échanges commerciaux ou encore des droits humains. Il a fait part à Xi Jinping de ses « préoccupations » sur les droits humains, et a mis la Chine en garde contre toute « tentative unilatérale » de changer le statut de Taïwan, a indiqué la Maison Blanche à l’issue du sommet.

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« La Chine et les Etats-Unis doivent améliorer leur communication et leur coopération », a affirmé de son côté Xi Jinping, qui s’est dit heureux de voir « son vieil ami », pour la première fois par écrans interposés, alors que leurs deux précédents échanges s’étaient faits au téléphone. « Je suis prêt à travailler avec vous », a poursuivi le président chinois.

La conversation entre les deux leaders a duré presque quatre heures. Elle s’est terminée mardi à 12 h 24 heure chinoise (5 h 24 du matin heure de Paris), ont rapporté les médias officiels chinois.

A « un carrefour critique »

A Washington comme à Pékin, on tempérait lundi les attentes sur cette discussion, qui pouvait ne pas déboucher sur « des résultats concrets », a averti la Maison Blanche.

Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères Zhao Lijian a dit lundi que les deux dirigeants auraient « un échange de vues franc, profond et complet » sur leurs relations bilatérales, qui se trouvent à « un carrefour critique ».

Joe Biden aurait voulu voir en chair et en os le président chinois, qu’il se vante d’avoir déjà abondamment fréquenté quand il était vice-président de Barack Obama. Mais il lui a fallu se contenter d’une rencontre virtuelle avec Xi Jinping, qui ne quitte plus la Chine depuis près de deux ans, évoquant des raisons sanitaires.

Si après l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, le ton a changé par rapport aux emportements de l’ère Trump, la relation entre Washington et Pékin reste extrêmement tendue.

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Le sort de Taïwan au cœur des crispations

Le sort de Taïwan concentre actuellement les crispations. « Afin de réduire le risque d’une collision stratégique entre la Chine et les Etats-Unis, ces derniers doivent prendre du recul face à la question de Taïwan et montrer de la retenue », a souligné le quotidien étatique chinois Global Times a souligné dans un éditorial lundi. Un haut responsable de la Maison Blanche a lui dénoncé le « comportement coercitif et provocateur » de la Chine envers Taïwan au nombre des sujets de contentieux, et souligné que Joe Biden ne manquerait pas d’aborder ce thème de manière « directe et franche ».

Cette rencontre virtuelle s’est tenue au moment où Xi Jinping ne cesse de renforcer son emprise sur le régime. Le Parti communiste chinois a adopté la semaine dernière un texte appelant « le Parti, l’armée et le peuple tout entiers à s’unir plus étroitement autour du Comité central dont Xi Jinping forme le cœur ».

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Jen Psaki a elle estimé que Joe Biden, malgré sa cote de popularité en chute libre, arriverait « en position de force » à sa réunion avec Xi Jinping, parce que les Etats-Unis vont rénover leur économie et ont entrepris de renforcer leurs alliances internationales.

Le président américain, confronté à un paysage politique extrêmement divisé, et à une pandémie qu’il peine à éradiquer, a mentionné la Chine lundi en promulguant un gigantesque plan d’infrastructures, censé permettre à l’Amérique de « gagner la compétition » du XXIe siècle. A la fin de son discours, le président américain a répété l’une de ses phrases favorites : « Ce n’est jamais, jamais une bonne idée de parier contre le peuple américain. »

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Le Monde avec AFP

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Sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping, sans illusion face à des tensions croissantes

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