June 22, 2021

A Angers, infirmité motrice cérébrale chez les tout-petits traités par jeu intensif

Debout sur le petit toboggan dont il gravit les trois marches avec difficulté, le garçon de presque 4 ans reste figé. “Je ne viens pas”, lâcha Niels (son prénom a été changé), cherchant des encouragements dans les yeux des trois adultes qui l’entouraient. Cinq minutes plus tard, après avoir repris sa « remontée » depuis le début, il savoure le toboggan et arrive en bas avec un grand éclat de rire, sous les applaudissements de ses compagnons.

Dans la grande salle remplie de jouets et de jeux, deux autres jeunes enfants sont également très occupés : l’un attrape des petites figurines fixées par une ventouse sur une table basse, et les renvoie, à un rythme de plus en plus rapide. ; une petite fille coupe des pseudo-saucisses dans de la pâte à modeler avec un couteau en plastique. “Va”, « bravo » : chacun est stimulé sans relâche par les professionnels qui l’entourent. Les activités se succèdent dans un joyeux brouhaha. Pour Niels et ses camarades, ce ne sont que des jeux auxquels ils sont fiers de jouer ; mais derrière cette façade ludique se cache un ambitieux projet de recherche qui évalue une méthode de rééducation intensive chez des enfants d’âge préscolaire souffrant, comme eux, de paralysie cérébrale.

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Ce mercredi 5 mai, ils sont huit, répartis dans deux salles du service de réadaptation pédiatrique du centre Les Capucins, à Angers, à participer à ce programme appelé CAP’. Au total, une centaine de petits patients âgés de 1 à 4 ans en bénéficieront, à Angers, Brest, Bruxelles et Pise. Certains marchent à peine et ont besoin d’attelles, d’une marchette ou même d’un fauteuil roulant au quotidien ; d’autres sont plus gênés dans les membres supérieurs. Pendant deux semaines, à raison de cinq heures par jour, soit 50 heures au total, ils sont ici en stage, accompagnés en permanence par des kinésithérapeutes et des ergothérapeutes pour développer leur motricité et leur autonomie à travers des jeux multiples et variés.

Stimuler la plasticité cérébrale

Handicap moteur le plus fréquent chez l’enfant, résultant d’un traumatisme crânien survenant en période prénatale, à la naissance ou plus rarement dans les deux premières années de la vie, la paralysie cérébrale se traduit par un déficit plus ou moins sévère de ou de plusieurs membres. En France, environ 1 500 nouveau-nés sont touchés chaque année, dont un tiers ne marche pas de façon autonome. La prévalence a légèrement baissé depuis les années 2000 (de 1,96 à 1,77 pour 1 000), grâce à l’amélioration des soins néonatals.

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