June 22, 2021

Plongées dans les coraux des grands fonds

Une nouvelle espèce de corail découverte, des observations scientifiques inédites à 172 mètres de profondeur : des résultats notables, mais la collaboration des plongeurs Under the Pole avec des chercheurs du Centre de recherche insulaire et de l’Observatoire de l’environnement (Criobe/CNRS) s’annonce avant tout comme une belle rencontre. « La complémentarité entre nous était vraiment évidente », résume Laetitia Hédouin, chercheuse à Criobe, Moorea, Polynésie.

Elle et ses collègues, qui travaillent sur les coraux mésophotiques – c’est-à-dire vivant entre 30 m et 170 m sous la surface – voulaient voir en dessous de 50 m, mais la législation ne le leur permettait pas. C’est donc avec enthousiasme que Laetitia Hédouin a répondu à une annonce de Ghislain et Emmanuelle Bardout, l’équipe Under the Pole qui cherchait un programme scientifique à intégrer à bord de leur voilier. Leur aventure commune a duré treize mois, de l’été 2018 à l’été 2019, les a conduits dans les cinq archipels de Polynésie, accumulant, dans chacun des 22 sites sélectionnés, plus de 1 000 plongées systématiques à différentes profondeurs, pour rapporter plus de 6 000 échantillons de mésophotiques. coraux.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Surchauffe, acidification, asphyxie, pollution, algues… l’océan qui coule

L’une des questions qui anime les chercheurs de Criobe est celle de l’adaptation des coraux à la forte diminution de la lumière, alors que celle-ci est essentielle pour la zooxanthelle, l’algue unicellulaire photosynthétique qui se loge dans leurs tissus et leur fournit son énergie. Ils ont pu observer à quel point ceux-ci modifient la morphologie de leur squelette pour y parvenir. « La pocillopora, par exemple, écarte les bras de manière à leur éviter la moindre ombre, rapporte Laetitia Hédouin. On savait que les coraux mésophotiques pouvaient prendre la forme de plateaux plats, comme de grandes roses, mais on ne savait pas qu’ils pouvaient s’étendre sur 2 km de long et 20 à 30 m de large ! Et qu’il y avait 172 m. »

La communauté de poissons qui vit près de la surface autour des récifs coralliens menacée de blanchissement est-elle prête à migrer plus profondément ? « Dès qu’il y a un habitat, même atypique, la vie se développe, Elle répond. C’est une bonne nouvelle. Dans la bande des 6 à 20 mètres, les paysages sont assez homogènes, tandis que plus on descend, plus chaque île est unique. C’est pourquoi nous devons tous les protéger. “

Une collaboration dans le temps

Il vous reste 40,7% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

you can try here