June 23, 2021

rompre le cycle de la transmission intergénérationnelle

Peut-on dire qu’un enfant, plus qu’un autre, est prédestiné à être maltraité ? Cette question dure, qui dérange immédiatement, fait l’objet de l’étude d’une cohorte australienne, inédite par son ampleur, réalisée rétrospectivement sur plus de 38 500 couples mère-enfant suivis sur une période de trente ans, de 1986 à 2017.

Les auteurs, sept scientifiques multidisciplinaires, ont recherché, à travers l’analyse des mégadonnées, « Pour comprendre au plus près la transmission intergénérationnelle de la maltraitance des enfants », explique l’initiatrice du projet Léonie Segal, Professeur d’économie de la santé et de politique sociale, Australian Centre for Precision Health, University of South Australia. « Notre objectif est de fournir des éléments afin d’alimenter une réponse politique qui pourrait perturber cette chaîne de reproduction. ”

« Notre étude montre un risque très élevé de maltraitance familiale pour les enfants dont les mères ont été maltraitées dans leur enfance. » Léonie Segal, initiatrice de l’étude

Les résultats, publiés dans La santé publique du Lancet 30 avril, sont éloquents. Il paraît que « 83 % des cas de négligence ou de maltraitance observés sur les enfants (2 173 cas sur 2 631) » concernent celles dont les mères ont eu des contacts avec les services de protection de l’enfance (CPS en Australie). Ainsi, un enfant dont la mère a fait l’objet d’au moins une « information inquiétante » durant son enfance a 2,47 fois plus de risques d’être maltraité qu’un enfant dont la mère ne lui est pas connue. ces prestations. Ce chiffre atteint 6,25 si la mère a été placée jeune, et pendant un certain temps, hors du domicile familial. Un inconnu cependant, « Malheureusement, les données traitées ne permettaient pas de savoir qui était l’auteur des mauvais traitements, précise Léonie Segal. Mais notre étude montre un risque très élevé de maltraitance familiale pour les enfants dont la mère a été maltraitée dans son enfance. “

Résultats superposables

La transmission intergénérationnelle de la violence « Etait l’un des facteurs de risque connus et suspectés », commente le Pr Christèle Gras-Le Guen, chef du service des urgences pédiatriques et de pédiatrie générale du CHU de Nantes. « Cette recherche de très haute qualité méthodologique le confirme en évitant le biais d’obtention des données de certains travaux déjà publiés. ” Bien que l’étude soit australienne, elle continue, “Ces résultats semblent malheureusement assez superposables à ce que l’on peut voir dans des pays plus proches, comme des travaux britanniques récents”. Pour le pédiatre, ces statistiques matérialisent une problématique particulièrement d’actualité en cette période de crise sanitaire. « Parmi nous, certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres, notamment parce qu’elles ont subi des mauvais traitements dans leur enfance. ” Quelle que soit leur nature, ces abus physiques, sexuels ou psychologiques «Compliquer la gestion des émotions et exposer ces violences ou abus à se reproduire.»

Vous avez 61,58 % de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

the original source