August 5, 2021

Les émissions mondiales de CO2 devraient atteindre des niveaux sans précédent d’ici 2023

La principale source de réchauffement climatique, les émissions mondiales de CO2 devrait atteindre un niveau jamais vu d’ici 2023, prévient, mardi 20 juillet, l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Au vu de la part trop faible que les plans de relance liés au Covid-19 consacrent aux énergies propres, ces émissions continueront de croître par la suite, prévient encore l’AIE.

Les États ont débloqué des sommes inédites pour faire face à la pandémie, mais à peine 2% sont pour l’instant passés à la transition en faveur des énergies propres, a calculé l’AIE dans une analyse des plans de relance et de leur impact énergétique.

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À ce stade, l’essentiel des 16 000 milliards de dollars de mesures fiscales annoncées est allé aux dépenses de santé et au soutien d’urgence aux entreprises et aux ménages. Quelque 2 300 milliards ont été consacrés à la relance économique, dont 380 milliards liés à des projets énergétiques « durable ». Résultat : « Au vu des prévisions actuelles de dépenses publiques, les émissions de CO2 a atteint des niveaux records en 2023 et continue de croître au cours des années suivantes. “

« Depuis le début de la crise du Covid-19, de nombreux gouvernements ont dit à quel point il était important de mieux reconstruire, pour un avenir plus sain, mais beaucoup n’ont pas encore tenu parole », note le directeur de l’AIE, Fatih Birol. “Non seulement investir dans l’énergie propre met le monde hors de la voie de la neutralité carbone du milieu du siècle, mais il ne parvient pas non plus à empêcher un nouveau record d’émissions.”, déplore-t-il.

Un « écart » entre pays riches et pays pauvres

Les fonds publics mais aussi privés font défaut. Selon les calculs de l’AIE et du FMI mi-2020, 1 000 milliards de dollars d’investissements verts supplémentaires par an et sur trois ans (efficacité énergétique, électrification, réseaux…) permettraient d’accompagner à la fois la relance et la création de « Neuf millions d’emplois », dans le respect de l’accord de Paris sur le climat. A ce jour, les mesures adoptées devraient se traduire par 350 milliards de dollars de dépenses annuelles supplémentaires, de 2021 à 2023 : c’est mieux qu’avant le Covid, mais pas assez.

La tendance est particulièrement alarmante dans les pays émergents et en développement, où, par exemple, le rebond de la demande d’électricité trouve sa réponse dans le charbon plutôt que dans le solaire ou l’éolien. Ces régions affichent à peine 20 % des investissements nécessaires à leur « décarbonisation », selon le rapport, qui redoute une « Écart qui se creuse » avec les pays riches.

Donc « De nombreux pays passent également à côté des opportunités qu’ils pourraient tirer du développement des énergies propres : croissance, emplois, déploiement des filières énergétiques du futur », regrette Fatih Birol, qui en profite pour rappeler l’engagement des pays du Nord vers le Sud. Lors de la COP21 à Paris en 2015, ils se sont engagés à fournir au moins 100 milliards de dollars par an en financement climatique, un montant « plancher » et un engagement de plus de dix ans.

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800 mesures analysées

Avec la crise sanitaire, l’AIE veut, avec cet outil de suivi des plans de relance (suivi de récupération durable), aider les gouvernements à mesurer l’impact de leur action. Ce rapport actualisé est également publié pour le G20 des ministres de l’environnement et de l’énergie les 22 et 23 juillet à Naples.

Plus de 800 mesures dans 50 pays ont été examinées, qui peuvent être consultées sur le site Web de l’Agence. Basée à Paris, l’AIE a été créée par l’OCDE en 1974 pour assurer la sécurité énergétique mondiale, en conseillant notamment les pays riches.

En mai, l’institution, qui surveille également les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie (c’est-à-dire la majorité des émissions totales), a frappé en publiant sa feuille de route pour la neutralité carbone mondiale d’ici 2050. Conclusion majeure : tous les nouveaux projets d’exploration d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) doit être abandonné. Une route “Étroit mais toujours praticable, si nous agissons maintenant”, a répété mardi M. Birol.

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Le monde avec l’AFP