July 28, 2021

« Avant l’intervention du président, il n’y avait personne. Maintenant c’est la folie”

Depuis que le chef de l’Etat a annoncé, le 12 juillet, la prolongation du pass santé pour se rendre au café, au cinéma, au théâtre, au parc de loisirs, au centre commercial ou pour se déplacer, c’est la ruée sur le vaccin. En une semaine, la plateforme Doctolib a enregistré près de 3,7 millions de rendez-vous pour une première injection. Une poussée soudaine qui met la pression sur les centres de vaccination.

C’est le cas de celui installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. La fréquentation du lieu ouvert fin juin et géré par la Croix-Rouge a quasiment doublé depuis le discours présidentiel. De 600 à 700 par jour, le nombre de vaccinés a bondi à environ un millier. Devant l’immense tente blanche, l’attente est proportionnelle à la longueur de la file : parfois plus de trois heures. Des « médiateurs anti-Covid » (MLAC) en mission « go to » à Paris-Plage viennent prêter main-forte pour gérer les flux et les frustrations. « Avant l’intervention du président, il n’y avait personne. Maintenant c’est la folie”, précise Fatoumata, dreadlocks, gilet orange et badge MLAC, conseillant aux derniers arrivants de revenir tôt le lendemain matin.

« Nous essayons de ne pas trop glisser et de fermer à temps. Il est essentiel d’épargner les équipes, précise Florent Vallée, responsable des opérations à la Croix-Rouge. Tout le monde a une très forte volonté, mais tout le monde est épuisé à la fin de la journée. ” Le centre est ouvert sept jours sur sept, de 11 h à 20 h du lundi au jeudi et jusqu’à 21 h le week-end. « Nous sommes conçus pour recevoir 700 personnes par jour. Mille choses vont bien, mais s’il faut encore monter en puissance, il va falloir allonger les horaires et donc faire appel à des équipes supplémentaires », prévient M. Vallée.

” Je n’ai pas le choix “

Les installations atteignent également leurs limites. Si les 10 boîtes ne sont pas encore toutes utilisées simultanément, l’espace à respecter pour le quart d’heure d’observation post-injection n’est pas extensible. “C’est ce qui va nous bloquer si nous ne prolongeons pas les heures d’ouverture”, anticipe-t-il. Pour les doses, pas de pénurie en vue pour la semaine à venir. Au-delà, si l’engouement perdure, il n’y a pas d’autre choix que de réajuster les allocations à la hausse.

Depuis la « salle de commandement » depuis le parc de vaccins du Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, nous contrôlons la fréquentation en temps réel. Et il n’a pas faibli depuis le discours d’Emmanuel Macron. Mais, contrairement au parvis de la Mairie, quasiment pas d’attente. Il faut dire que l’organisation est en jeu. Les candidats vaccins de dernière heure – comme ceux de la première heure – sont référés à l’une des quatre sous-unités de vaccination. La brigade des pompiers de Paris (BSPP), qui gère le centre de vaccination, le plus important de la capitale, est une unité militaire. Nous courons au pas.

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