July 29, 2021

les secteurs de la sidérurgie et du ciment reconnaissent leur retard

Ursula von der Leyen l’avait reconnu, le 16 septembre 2020, dans son discours sur l’Union prononcé devant le Parlement européen : réduire les émissions de dioxyde de carbone de 55% (CO2) d’ici 2030 par rapport à 1990 « Est trop important pour certains et insuffisant pour d’autres ». Mais, a assuré le président de la Commission, « Notre économie et notre industrie peuvent faire face ».

C’était aussi l’avis de 200 patrons multinationaux, dont les français Alstom, EDF, Engie, Orange, Saint-Gobain, Schneider Electric et Veolia, qui ont cosigné une lettre ouverte soutenant ce projet « Fit for 55 » pour « Éviter les pires effets du climat et assurer une reprise économique durable et compétitive ». Hormis Total, aucun acteur des industries extractives (charbon, pétrole, gaz, minerais…) ne figurait parmi les signataires. Pas plus que le cimentier LafargeHolcim, le sidérurgiste ArcelorMittal ou Air France-KLM.

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Tous les secteurs ne sont pas dans la même situation. Le transport aérien est exonéré de la taxe sur le kérosène depuis 1944. Au nom de la “Cohérence” de sa politique climatique, la Commission a opté pour une taxation progressive des vols intra-européens, qui devra faire l’unanimité des Vingt-Sept. L’Association du transport aérien international a dénoncé « Mesures punitives », alors que le secteur n’envisage pas de retour à la situation de 2019 avant 2024-2025. L’A4E, le lobby des entreprises européennes, a mis en garde Bruxelles contre une perte de compétitivité face à des concurrents non européens et un surcoût de 10 milliards d’euros en 2030 (dont la fin des droits gratuits de polluer).

La sidérurgie, responsable de 7,6 % des émissions mondiales de CO2 (4 % en France), est en retard, même s’il rappelle qu’une centaine de projets « verts » sont à un stade avancé sur le Vieux Continent. Axel Eggert, directeur général de l’European Steel Association, considère l’objectif de 55% “Réalisable”, à condition de corriger « de toute urgence » un cadre adapté : soutien public à l’innovation, création d’un marché des matériaux verts, énergies renouvelables abordables, règles de concurrence équitables pour éviter le dumping des pays à bas coûts (Chine, Russie, Turquie…).

Plus de recyclage

cependant, « Plus de 75 % de la capacité mondiale actuelle ou en construction utilisera des technologies à forte intensité carbonique (haut fourneau et four à oxygène) », empêchant toute réduction de CO2 depuis au moins quarante ans, note un rapport de Global Energy Monitor publié en juin. « Les prévisions climatiques montrent clairement que le parc sidérurgique doit passer à la production d’acier électrifié », souligne Caitlin Swalec, son auteur principal.

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