August 5, 2021

Le dernier pari d’Emmanuel Macron – Fuzzy Skunk

Il y a des décisions susceptibles de compromettre un destin politique. Choisir de reconfigurer le pays ou, à tout le moins, d’imposer de nouvelles restrictions privant les Français de leur « art de vivre », en raison du rebond épidémique du Covid-19, en fait sans doute partie.

À neuf mois de l’élection présidentielle où il pourrait jouer sa réélection, Emmanuel Macron est pleinement conscient du danger que la variante Delta met sur son chemin. Et son discours du lundi 12 juillet témoigne du dernier pari présidentiel : tout faire pour ne pas une nouvelle fois enfermer le pays, déjà laminé par quinze mois de restrictions, afin de pouvoir se projeter dans la période post-2022.

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Il doit agir rapidement. La quatrième vague épidémique risque de saturer les hôpitaux dès la rentrée. Mais lorsque le Portugal, également confronté à la variante Delta, a eu recours à la solution déjà éprouvée du couvre-feu, le chef de l’État a catégoriquement rejeté cette option, préférant miser sur une vaccination forcée de la population.

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Peu importe quelle cette détermination oblige Emmanuel Macron à se retirer. Le locataire de l’Elysée, qui, fin avril, déclarait à la presse quotidienne régionale que « Le pass santé ne sera pas[it] jamais un droit d’accès qui différencie les Français, il ne saurait être obligatoire d’accéder aux lieux de la vie courante », fait volte-face.

Le précieux sésame sera obligatoire à partir du 21 juillet pour avoir accès aux petits plaisirs du quotidien comme aller au bar, au restaurant, au théâtre ou au cinéma, aller à la gym ou faire du shopping. Les tests PCR et antigéniques qui permettent aux non vaccinés de montrer des pattes blanches ne seront gratuits que jusqu’à l’automne. La vaccination est rendue obligatoire pour le personnel soignant.

« La grande majorité doit-elle s’incliner devant la minorité ? “

« Il n’y a pas de pari, mais une volonté forte de tout mettre sur la table pour éviter les mesures coercitives. La force martiale d’Emmanuel Macron, c’est qu’il ne sort pas de cette hypothèse [d’un éventuel confinement] prospérer, observe Gilles Le Gendre, député (La République en marche, LRM) de Paris, convaincu que personne ne reprochera au chef de l’Etat d’avoir tourné le dos à la question du pass santé. Le président n’a pas voulu instiller le poison de la division parmi les Français. Mais si un parti s’affranchit de la discipline collective, nous ne sommes plus sur un pied d’égalité. Le risque est que les vaccinés se révoltent contre les nonvacciné. “

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