July 25, 2021

« Plus que des promesses intenables, le secteur de l’énergie a besoin d’une feuille de route claire »

Pertes & bénéfices. Pas tout à fait mort, charbon. Le ministère de la Transition écologique et EDF ont annoncé, jeudi 8 juillet, la poursuite de l’exploitation de la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique) jusqu’en 2024 au moins, au lieu de 2022. Et, surtout, l’abandon du projet de conversion à la biomasse du site, dit « Ecocombust », réveil “Colère” et ” s’inquiéter ” parmi ses 350 salariés, très investis, malgré les assurances sur le maintien des emplois données par la direction.

Les études de faisabilité technique et environnementale avaient été un succès, reconnaît le PDG du groupe dans une lettre aux syndicats. Mais Jean-Bernard Lévy avance « Deux raisons principales » pour justifier l’arrêt d’un projet lancé en 2015 : son coût, lié au manque d’expérience avec ce combustible et à la flambée récente des prix des matières premières, qui rendaient l’électricité trop chère ; et le retrait de Suez, partenaire chargé de la construction de l’usine de granulés de bois et du traitement de ses effluents.

Une nouvelle baisse, selon Greenpeace

RTE, le gestionnaire de la ligne à haute tension, a prévenu que Cordemais avec ses 1 200 mégawatts capables d’alimenter 1 million de personnes est essentiel pour la sécurité d’approvisionnement, au moins jusqu’au raccordement au réseau EPR de Flamanville. (Manche), prévu fin 2022. Un complément indispensable pour la Bretagne, où de nombreux habitants refusent toute nouvelle centrale électrique, nucléaire, thermique ou encore éolienne.

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Greenpeace y voit un nouveau revers pour Emmanuel Macron dans la lutte pour le climat et la conséquence du retard du réacteur normand. L’extension de Cordemais est pourtant symbolique dans un pays où le mix électrique est à plus de 90 % décarboné, grâce au nucléaire et à l’hydraulique. Le ministère assure même qu’il ne fonctionnera que « Lors des pics de consommation en hiver ». Et pas plus de sept cent cinquante heures par an, ou par mois.

Il en est de Cordemais comme de Fessenheim. François Hollande s’était engagé à fermer la centrale nucléaire alsacienne durant son quinquennat, et c’est son successeur qui a cédé à cette absurdité économique. M. Macron ne tiendra pas non plus sa promesse de 2017 – inscrite dans la loi en 2019 – de fermer les dernières centrales au charbon, puisque l’une restera en service.

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Plus que des promesses intenables, le secteur de l’énergie a besoin d’une feuille de route claire. Le débat s’annonce passionné pendant la campagne présidentielle : en plus des traditionnels opposants au nucléaire et aux énergies fossiles, il y a les anti-éoliennes. Si l’on additionne tous ces refus, il ne restera plus rien pour produire un électron. Ce sera la victoire de “Modèle amish” précédemment dénoncé par M. Macron.