July 25, 2021

La population de loups gris augmente en France, mais à un rythme plus lent

La population de loups gris augmente en France, mais à un rythme plus lent, a annoncé vendredi 9 juillet l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’Agence France-Presse (AFP), avec un niveau d’attaques élevé contre les troupeaux.

A la fin de l’hiver 2020-2021, la population de cette espèce est estimée à 624 individus adultes contre 580 un an plus tôt, soit une augmentation de 7%, a précisé Nicolas Jean, en charge du suivi des grands prédateurs à l’OFB. En 2020, la hausse était de 9 % et encore plus marquée les années précédentes. « Il y a une baisse de l’augmentation de la population » de cette espèce protégée en France et en Europe, mais « Il ne faut pas être alarmiste », a-t-il commenté.

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Il y a plusieurs explications : « L’un des plus probables, c’est l’impact des fusillades car on prend 20 % de l’effectif » loups, a souligné Nicolas Jean, un pourcentage qui comprend des fusillades officielles pour protéger les troupeaux mais aussi des actes de braconnage, auxquels s’ajoutent les décès dus aux maladies et aux collisions avec des voitures.

Le loup gris, éradiqué en France par l’homme, fait son retour en 1992 d’Italie et étend progressivement son territoire. Si des loups isolés sont observés dans de nouveaux départements, comme en Seine-Maritime (avril 2020), dans l’Aube et la Haute-Marne (automne 2020), leur présence reste concentrée dans les massifs alpins et provençaux. Sept nouveaux packs ont été identifiés dans le secteur alpin, a précisé Nicolas Jean. Le plan national loup prévoyait d’atteindre un seuil de 500 individus seulement en 2023.

Les agriculteurs indemnisés pour leurs animaux tués

« Pour la troisième année (…), les dégâts sur les troupeaux se stabilisent » mais restent à un niveau élevé, avec environ 3 700 signalements d’attentats réalisés en 2020, dont une grande partie se concentre en Auvergne-Rhônes-Alpes, selon la direction régionale de l’environnement Auvergne-Rhône-Alpes.

L’Etat indemnise les éleveurs pour leurs animaux tués, blessés ou portés disparus lors des attaques, ainsi que les frais de réparation et de remplacement du matériel endommagé. En contrepartie, les éleveurs doivent mettre en place des mesures de protection (gardiennage par des bergers, chiens de protection, enclos de nuit, etc.).

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“De plus en plus d’attaques sont observées à proximité des bergeries et à quelques kilomètres des centres-villes”, a alarmé la Fédération nationale du mouton dans un communiqué. « Les moyens de protection offerts par l’État » sont « Rapidement obsolète » et « La multiplication des chiens de protection [est] une nuisance pour le voisinage, un danger pour les randonneurs ”. La fédération demande “Plus d’interventions des services de l’Etat dans les zones où les loups sont présents, pour les dissuader d’attaquer et leur apprendre à craindre les troupeaux”.

L’état commence « Structurer la filière des chiens de protection », souvent patous ou bergers d’Anatolie, souligne Nicolas Jean. Près de 5 000 chiens sont financés chaque année.

Pour Patrick Leyrissoux, vice-président de l’association Ferus qui milite pour la cohabitation avec les grands prédateurs, la solution n’est pas de tuer plus de loups gris. “L’efficacité des tirs mortels n’a pas été démontrée à l’échelle internationale” pour réduire le niveau de prédation, dit-il. Il plaide pour plus « Des contrôles sur le terrain pour savoir si les moyens de protection sont effectivement et correctement mis en place ».

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Le monde avec l’AFP