July 25, 2021

Flambée de l’épidémie de Covid-19 en Indonésie

La région Asie-Pacifique fait face à une nouvelle vague de contaminations, sous la pression de la variante Delta. La Corée du Sud, qui s’est démarquée en 2020 par sa gestion efficace de la crise sanitaire, a enregistré mercredi 7 juillet son plus grand nombre de contaminations par jour depuis le début de la pandémie (1 275). Une figure importante qui met à mal son système de traçage des cas contacts. La plus grande ville d’Australie, Sydney, connaît le plus grand nombre de contaminations en quatorze mois, malgré un nouveau confinement ordonné le 26 juin.

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C’est en Indonésie, quatrième pays le plus peuplé de la planète, que la situation prend la tournure la plus préoccupante. L’archipel a enregistré 1 040 décès du Covid-19 en une seule journée mercredi, le double de ceux enregistrés la semaine précédente, et 34 379 nouveaux cas en vingt-quatre heures. La progression du virus place le système de santé indonésien au point de rupture : 33 patients sont décédés dans un hôpital de Yogyarta qui souffrait d’un manque d’oxygène, durant le week-end des 3 et 4 juillet.

En mars pourtant, le gouvernement avait annoncé une campagne ambitieuse pour vacciner les deux tiers des 270 millions d’Indonésiens en quinze mois, en s’appuyant notamment sur le vaccin chinois Sinovac. Si les pouvoirs publics ont réussi à maintenir un taux élevé durant les premiers jours, le programme a rencontré en avril des difficultés logistiques de distribution des doses stockées à Jakarta aux centres de santé provinciaux et la suspension par l’Inde, elle-même en proie à une vague catastrophique de exportations du vaccin AstraZeneca produit sur son sol, sur lequel l’Indonésie comptait également s’appuyer.

Rumeurs sur les réseaux sociaux

L’autre épidémie qui frappe l’archipel est celle des “fake news”, des rumeurs sur les réseaux sociaux et des traitements médicaux à l’efficacité incertaine. Dans le plus grand pays musulman du monde, certaines des autorités religieuses les plus influentes, comme le Conseil des oulémas, ont remis en cause la légalité et le caractère halal injection, affirmant que le vaccin contenait des éléments du pancréas de porc – ce qu’AstraZeneca et les laboratoires chinois ont dû nier. Pour inciter la population à venir, certaines communes proposent désormais des poules aux personnes âgées qui viennent se faire vacciner.

La population se rue de plus en plus sur l’ivermectine, un traitement antiparasitaire que des personnalités influentes, y compris au sein du gouvernement, ont promu contre le Covid, même si son producteur, le laboratoire Merck, a prévenu que son « L’effet thérapeutique potentiel contre le Covid-19 n’a aucun fondement scientifique », et mis en garde contre les dangers d’une utilisation impromptue. Pas de quoi dissuader le riche homme d’affaires Erick Thohir, ex-propriétaire de l’Inter Milan, aujourd’hui ministre des Entreprises publiques, qui soutient sa production de masse pour « Libérer l’Indonésie de cette pandémie ».

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