July 25, 2021

qui roulera à l’hydrogène demain ?

Les pouvoirs publics ne sont pas les derniers à y croire. La France et l’Allemagne soutiennent leurs filières H2 (hydrogène) avec des milliards. Le Japon et la Corée du Sud en font des priorités nationales. Si l’on se réfère aux multiples annonces (près de deux cents initiatives en France !), chacune devrait fonctionner à l’hydrogène dans dix ans… Sauf qu’en réalité, rien n’est moins sûr.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? L’hydrogène est le plus simple des matériaux, très présent dans la nature mais presque jamais à l’état pur. Produire – ou plutôt isoler – de l’hydrogène (molécule H2) – par exemple à partir de l’eau (molécule H2O) – nécessite de l’énergie. L’opération appelée hydrolise permet de stocker cette énergie qui peut ensuite être restituée sous forme d’électricité grâce à une pile à combustible. La machine fonctionnant à l’hydrogène n’émet alors rien d’autre qu’un peu de vapeur d’eau.

Ces véhicules sont loin de la science-fiction. Pour se faire une idée, direction le pied de la Tour Eiffel, où fin mai un « village » hydrogène a été installé à l’initiative de Toyota et du projet de navire H.2 Observateur de l’énergie. Plusieurs prototypes et solutions ont été rassemblés autour de la pile à combustible du constructeur japonais. L’occasion était bonne de faire le point sur les modes de mobilité hydrogène et leur potentiel de développement.

Voitures de tourisme

Certains constructeurs (Toyota donc, mais aussi Honda, Hyundai, Mercedes) commercialisent des voitures à hydrogène. Ces véhicules allient l’avantage d’une voiture électrique à batterie (zéro émission à l’usage) sans les inconvénients (la recharge d’hydrogène se fait en trois minutes). Cependant, la solution reste confidentielle pour les particuliers et le restera probablement encore longtemps.

Premier problème : la production de gaz H2 est encore très cher lorsqu’il s’agit d’hydrogène vert produit par hydrolyse à partir d’une éolienne ou de panneaux solaires. Actuellement, le seul moyen assez abordable de fabriquer de l’hydrogène est de « craquer » le méthane (appelé reformage à la vapeur), qui non seulement brûle beaucoup d’énergie carbonique mais libère également du CO.2 contenu dans le méthane. Bilan climatique : catastrophique.

Deuxième problème : le déploiement à grande échelle de stations hydrogène est très coûteux (environ 1 million d’euros par station) et complexe. H2 est super explosif, difficile à stocker et à transporter à grande échelle. Cependant, sans un réseau d’approvisionnement important, il n’est pas possible pour les automobilistes d’adopter cette technologie.

Vous avez 61,2% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

Homepage