August 5, 2021

En Belgique, une vaste pollution des sols fait scandale

Le jardin de Betty regorge de salades vertes, de choux, de tomates et ses huit poules ont bien pondu ce matin. « Mais que veux-tu que je fasse de tout ça maintenant… C’est pour les cochons de la ferme d’à côté ?, déplore cette vaillante septuagénaire dont le tablier marque son attachement aux Diables rouges, l’équipe belge de football. Tout ça à cause de cette usine et des politiciens qui mentent. “

Betty habite à la périphérie de Zwijndrecht, dans la province d’Anvers, où se trouve une usine de la multinationale américaine 3M. C’est autour de ce grand bâtiment rectangulaire, estampé du célèbre logo rouge vif, qu’à la mi-mai, une forte concentration de perfluorooctane sulfonate (PFOS), une substance synthétique de la famille des perfluorés, a été révélée. qui servait à la fabrication d’imperméabilisants et de produits antitaches. 3M, leader mondial, a décidé d’arrêter progressivement sa production à partir des années 2000. A Zwijndrecht, il a été arrêté en 2002.

Il a fallu quinze ans pour qu’une présence massive de SPFO hautement toxique dans le sol soit détectée – mais ignorée – près de la plus grande ville de Flandre. Et encore quatre ans pour que ce qui pourrait être l’un des plus gros scandales environnementaux de Belgique éclate, avec un silence coupable de la part des autorités. Le parquet d’Anvers a annoncé mercredi 23 juin l’ouverture d’une enquête pour infraction aux lois environnementales et déversement illégal de déchets.

Effets minimisés par les fabricants

Alors que les informations se bousculaient subitement grâce à des investigations minutieuses des journaux, le gouvernement régional a décrété, il y a une semaine, une interdiction de consommation de légumes, volailles, œufs et eau du robinet dans un rayon de 1,5 kilomètre autour du site. . Des spécialistes de l’Université d’Anvers, visiblement plus inquiets, prélèvent des échantillons dans un rayon de 15 kilomètres, ce qui concerne au total près d’un million d’habitants.

Un de leurs confrères, le toxicologue Jan Tytgat, de l’Université catholique de Louvain, avait, pour sa part, mis en place en octobre 2017, à la demande de BAM-Lantis, une société de gestion de la mobilité anversoise et maître d’ouvrage des travaux pour achever le périphérique, un rapport citant des taux de contamination inquiétants. Le document a été envoyé à l’Agence flamande pour la gestion des déchets (OVAM). La pollution avait été découverte lors de ces grands travaux, et la présence de SPFO menaçait clairement la santé publique et la chaîne alimentaire.

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