August 5, 2021

Le Gabon a payé pour la protection de ses forêts

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Le fleuve Ogooué traverse tout le Gabon et une partie de sa forêt équatoriale, avant de se jeter dans l'océan Atlantique.

Le Gabon recevra ses premiers paiements internationaux en récompense de la protection de ses forêts. Ce qui n’était qu’une promesse avec l’accord signé en septembre 2019 avec la Norvège devient donc une réalité après dix-huit mois de discussions et d’audits pour vérifier la solidité des engagements pris par Libreville.

Ainsi, 17 millions de dollars (14,3 millions d’euros) seront versés en contrepartie des tonnes supplémentaires de carbone séquestrées grâce aux mesures mises en place pour lutter contre la déforestation. Celles-ci ont été estimées à 3,4 millions de tonnes sur les deux années 2016 et 2017 par rapport aux émissions moyennes des dix années précédentes et sont rémunérées à 5 dollars la tonne. Le Gabon pourrait récolter un total de 150 millions de dollars s’il maintient ses efforts.

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Cette étape marque un moment important pour les pays d’Afrique centrale, qui abritent la deuxième plus grande forêt tropicale de la planète. « C’est la première fois qu’un pays africain est reconnu pour avoir réduit les émissions liées aux forêts au niveau national », a souligné le ministre norvégien de l’Environnement, Sveinung Rotevatn, mardi 22 juin, au nom de l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI) qui regroupe plusieurs pays industrialisés et dont la Norvège est le principal donateur. Ce fonds, créé en septembre 2015, quelques semaines avant la signature de l’Accord de Paris sur le climat, est géré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Marque de reconnaissance

L’argent reçu devra servir à financer des politiques permettant de maîtriser l’évolution du couvert forestier qui représente aujourd’hui 88% de la superficie du pays. Avec une population de moins de 2 millions d’habitants concentrée dans les villes côtières, la pression sur les forêts est avant tout liée à l’exploitation forestière. Jusqu’à présent, il est resté faible, comparé par exemple à la situation observée en République démocratique du Congo, qui est devenue le pays avec le taux de déforestation le plus élevé après le Brésil.

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Le ministre gabonais des Eaux et Forêts, Lee White, a remercié la Norvège pour cette marque de reconnaissance, même s’il ne cache pas que le prix choisi ne reconnaît pas suffisamment, à ses yeux, les efforts consentis. La validation aux standards internationaux envoie un signal fort aux acteurs du marché du carbone avec lesquels le Gabon espère trouver une source de financement. « La reconnaissance par CAFI de notre système de surveillance et de nos données est particulièrement encourageante car elle établit une référence mondiale pour les paiements pour les réductions d’émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts »a déclaré le scientifique britannique nommé à ce poste en 2019 mais chargé de diriger les négociations sur le climat pendant plus de dix ans.

Outre le fait que les forêts tropicales abritent environ la moitié de la biodiversité terrestre, elles représentent d’importants puits de carbone dans la lutte contre le changement climatique. Le massif africain absorbe l’équivalent de 4% des émissions mondiales de CO2 chaque année.

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