July 29, 2021

Le “plan pollinisateur” contesté par les apiculteurs et les agriculteurs

UNE “Coup d’épée dans l’eau” pour les organisations apicoles et paysannes, « Contraintes supplémentaires » pour les représentants agricoles.

La première mouture du « plan pollinisateur », présentée vendredi 11 juin à une centaine de représentants des différents acteurs du dossier, est encore loin de recueillir des soutiens. Certains dénoncent un manque d’ambition qui ne permettra pas d’arrêter le déclin dramatique des insectes pollinisateurs et appellent l’Etat à revoir sa copie, tandis que d’autres s’inquiètent d’une distorsion de concurrence par rapport aux autres pays européens.

Si le plan présente plusieurs axes, c’est le « décret abeilles » qui a cristallisé les tensions. Ce texte, datant de 2003, interdit l’utilisation d’insecticides pendant la période de floraison, à l’exception des produits autorisés de manière dérogatoire après évaluation des risques. Considérée par tous les acteurs comme largement insuffisante, sa révision se fait attendre depuis longtemps. Le gouvernement avait tenté en vain de s’attaquer au problème en 2014, avant d’abandonner face à l’opposition des agriculteurs.

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Dans le projet de décret qui Le monde a pu consulter, deux changements majeurs sont prévus. Tout d’abord, tous les produits phytosanitaires sont désormais concernés : outre les insecticides et acaricides, les fongicides (traitements contre les champignons) et les herbicides devront également être évalués avant de pouvoir être utilisés. Alors, jusqu’à présent, il n’y avait pas de réglementation concernant les heures d’épandage des substances autorisées : si cet arrêté est adopté, les traitements ne pourront plus être effectués que deux heures avant le coucher du soleil et jusqu’à la fin de la journée. ‘à trois heures plus tard.

« Encore une fois, c’est l’agriculture qui a gagné »

La question de ces horaires, notamment, a fait l’objet d’un véritable bras de fer. Les apiculteurs et les ONG environnementales jugent nécessaire de suivre les recommandations formulées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Celui-ci recommande de n’appliquer les traitements phytopharmaceutiques qu’après le coucher du soleil, l’activité butineuse des abeilles étant liée à la lumière. « C’est vrai qu’interdire l’épandage de jour complique le travail des agriculteurs, mais il faut savoir ce que l’on veut, et pour les récoltes ils travaillent déjà la nuit, estime Henri Clément, secrétaire général de l’Union nationale de l’apiculture française. Ce texte est le résultat de négociations entre les ministères de l’environnement et de l’agriculture, et c’est encore une fois l’agriculture qui a gagné. “

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