June 21, 2021

Un vaste trafic de civelles estimé à 18,5 millions d’euros démantelé en France

Un réseau de trafiquants de civelles, qui opère entre la France et l’Asie, a été démantelé, comme l’a annoncé vendredi 11 juin la gendarmerie nationale. Ce réseau est soupçonné d’avoir exporté plus de 46 tonnes de ce poisson migrateur menacé. Le commerce illégal de ces alevins d’anguille, vendus à un prix élevé, a permis de blanchir 18,5 millions d’euros.

L’enquête, menée depuis quatre ans par la douane de Bordeaux et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), a abouti à la mise en examen de dix personnes en France. et en Espagne, rapporte la gendarmerie nationale dans un communiqué.

Le braconnage et la revente de ces alevins translucides, principalement vers les marchés asiatiques, se sont intensifiés depuis le début des années 2010, puisqu’il a été décidé, en 2010, d’interdire son exportation en dehors de l’Union européenne (UE) afin de le protéger. Petits criminels et receveurs aguerris se partagent ainsi un butin estimé à plusieurs centaines de millions d’euros par an. Beaucoup de ces filières transcontinentales prennent racine en France.

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« Ou blanc »

Les enquêteurs ont tiré le fil de deux saisies, réalisées en 2017 par les douaniers d’Arcachon (Gironde) et de Roissy, et qui s’élevaient respectivement à 792 kilos et 200 kilos de civelles de contrebande – appelées “pibales” dans le sud-où se trouve. Une espèce dont la population européenne a chuté de 75 % en trente ans, et qui est considérée comme en voie de disparition depuis les années 2000. La marchandise était destinée à être exportée illégalement vers la Chine et la Thaïlande, où les civelles se vendent entre 3.000 et 4.000 euros le kilo sur le marché noir, jusqu’à dix fois plus cher que son prix de vente en Europe.

La douane judiciaire de Bordeaux a établi que le même réseau de trafiquants se cachait derrière ces deux saisies, avant de joindre leurs enquêtes à celles de l’Oclaesp et de la brigade nautique de Saintes (Charente-Maritime), qui y travaillent également. circulation.

Le groupe d’enquête a alors découvert que les civelles collectées par les grossistes français étaient transportées en Espagne puis « Acheminé vers les pays asiatiques à forte demande pour ce produit, notamment via des plateformes logistiques implantées dans les pays de l’Est (Roumanie, Bulgarie, Pologne) », détaille la gendarmerie. « La coopération policière au niveau européen, via Europol, a été déterminante pour lutter contre ce trafic international », souligne le communiqué.

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Sociétés écrans

Au total, les enquêteurs ont estimé la quantité de civelles exportées illégalement à 46 tonnes, avec une marchandise masquée. « Par l’utilisation de faux documents impliquant l’envoi d’autres espèces (crevettes, congres, carpes…) ». Ce trafic juteux, surnommé « l’or blanc », a permis au réseau de blanchir 18,5 millions d’euros.

L’enquête a montré « Le recours à des sociétés écrans créées en Europe et dans des paradis fiscaux (Irlande, Panama), la complicité de sociétés établies en Chine et en Thaïlande, et le recours à des rétrocommissions via des contrats sur des opérations entre l’Afrique et l’Asie ».

Neuf grossistes et intermédiaires français ont été mis en examen en septembre 2019. Cette année, ce sont les dirigeants espagnols d’une entreprise de transport ainsi qu’un des chefs de réseau (également de nationalité espagnole) qui ont été mis en examen.

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Le monde avec l’AFP

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