June 23, 2021

Les banques européennes mal préparées à la perte de valeur de leurs actifs fossiles

« Actifs fossiles, les nouveaux subprimes ? La comparaison fait peur. Dans un rapport publié jeudi 10 janvier, l’Institut Rousseau et les ONG Reclaim Finance et Friends of the Earth s’y risquent pourtant, en faisant un parallèle entre les crédits dits “pourris” amassés par les banques en 2008 et leurs actifs actuels liés. . financement des énergies fossiles. Leur valeur est en effet amenée à baisser « Parce que le respect de l’accord de Paris sur le climat entraînera une baisse significative et continue de l’utilisation des énergies fossiles », indiquent les auteurs. Cette dévaluation « Pourrait produire des turbulences importantes, voire générer une nouvelle crise financière », prédisent-ils.

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Cette peur n’est pas nouvelle. Dans un discours devenu célèbre, prononcé en 2015 devant la haute finance britannique, Mark Carney, alors gouverneur de la Banque d’Angleterre, avait prophétisé que le changement climatique était « La tragédie de l’horizon ». Et il a mis en garde le monde financier contre « Les risques de transition » générés par une évolution vers une économie bas carbone, qui pourrait transformer les actifs financiers « intensif en carbone » au « Actifs échoués ».

« Les banques ne sont pas préparées »

Ce sont ces « actifs fossiles » que le rapport a cherché à quantifier, c’est-à-dire les produits financiers contribuant au financement des activités d’exploration, d’exploitation, de distribution (y compris le transport, le raffinage, etc.) d’électricité à partir de ces ressources. L’étude des onze principales banques de la zone euro “Révèle qu’ils accumulent un stock de plus de 530 milliards d’euros d’actifs liés aux énergies fossiles”, ou l’équivalent de « 95 % de leurs capitaux propres totaux » (le volume de capital détenu par les banques, leur offrant un coussin en cas de coup dur).

Ces actifs représentent pour l’ensemble des banques étudiées une très large part de leurs fonds propres, allant de 68 % pour l’établissement espagnol Santander, à 131 % pour le Crédit Agricole. “C’est d’autant plus grave que ces actifs fossiles ne représentent que la pointe du gigantesque iceberg formé par tous les secteurs qui vont forcément nécessiter une transition – aéronautique, automobile, pétrochimie”, dit le document.

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