June 21, 2021

la police, entre pédagogie et sanction pour ce premier couvre-feu à 11h30

Encore deux heures gagnées pour revenir à la vie d’avant. Le report du couvre-feu de 9h à 11h le mercredi 9 juin a fait des heureux clients et propriétaires de restaurants et bars qui voient réellement leurs activités reprendre.

Dans la rue de Lappe, au 11e arrondissement de Paris, l’un des axes les plus fréquentés du quartier de la Bastille, la foule est impressionnante. Des centaines de personnes occupent les trottoirs étroits, débordant dans la rue : les panneaux se succèdent, les clientèles se mêlent, le Miami Bar, le Code Bar, le Yellow Mad Monkey, le Bar des Ferrailleurs, celui des Familles ou encore le Sans – Culotte …

Il est 22h30 et l’échéance fatidique qui approche n’émeut personne. Au Pierrot, ambiance ti punch, planteur et zouk, le gérant, prudent, commence à empiler tables et chaises et demande aux clients de partir. « La police est déjà venue nous prévenir en fin d’après-midi et on sait qu’elle va procéder à des contrôles. Nous sommes stupides et disciplinés », commente-t-il en souriant.

« Heures normales du soir »

Place de la Bastille, dont la plupart des trottoirs sont envahis d’immenses terrasses, l’ambiance est encore ravie de cette nouvelle liberté tant attendue. « Quand le couvre-feu était à 21 heures, je ne sortais pas car, finissant mon travail en retard, cela ne valait pas la peine de venir quelques minutes. Là, avec deux heures de plus, nous commençons à revenir aux horaires normaux du soir », raconte Elodie Martin, 38 ans, qui travaille dans une agence de communication.

Il est 22h34 et la rue de Lappe est encore pleine de clients qui profitent des derniers instants avant le couvre-feu, à Paris, le 9 juin 2021.

Devant elle, une rangée de petits verres et autant de shots de vodka aromatisée. Son amie, venue comme elle fêter l’anniversaire d’un être cher, profite également de l’instant. Sophie Fuks, 36 ans, qui travaille dans un cabinet d’avocats, est rayonnante. ” C’est bien. Mais je ne comprends pas la stratégie du gouvernement, de fermer les cinémas mais pas les lieux de culte et, là, il y a une semaine on était barricadé alors qu’aujourd’hui, c’est la fête totale. Cela n’a aucun sens. “

Le groupe d’amis s’installe à la brasserie Falstaff, sur la place entre la rue de Lappe et le boulevard Richard-Lenoir. Hichem Ben Salem, le gérant de l’établissement, 42 ans, apprécie l’allongement des horaires mais se montre prudent. « Je crains que les gens aient plus de mal à partir à 23 heures. Je vois beaucoup de bouteilles de vin sur les tables, on ne les voyait pas avant. Là, il est 22h30 et je continue à refuser des clients », a déclaré le directeur de Falstaff.

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