June 23, 2021

la crise sanitaire a retardé les voies de la procréation assistée

Printemps 2020. Du jour au lendemain, des dizaines de milliers de couples infertiles en processus de procréation médicalement assistée (AMP) doivent mettre de côté leur désir d’enfant à cause de la crise sanitaire. Considérées comme non prioritaires, les interventions médicales liées aux ART (insémination artificielle, fécondation in vitro, réception d’embryons, etc.) sont stoppées net, pour une durée indéterminée. Les centres ferment. Seule exception : les opérations de préservation de la fertilité en situation d’urgence, comme le cancer, sont généralement maintenues.

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” Jamais vu ” en France métropolitaine, selon le Dr Claire de Vienne, médecin référent en procréation médicalement assistée et don de gamètes à l’Agence de la biomédecine (ABM), qui décrit, un an plus tard, une « Arrêt soudain » lors du premier confinement, suivi d’une reprise en dents de scie à partir de fin mai.

L’incertitude engendrée par la pandémie est difficile pour les couples, habitués à compter les cycles, les jours. “Pour beaucoup, c’était très violent d’entendre que ces activités n’étaient pas une priorité, d’autant plus que la communication gouvernementale sur la procréation assistée était inexistante, du moins au début”se souvient Virginie Rio, co-fondatrice du BAMP ! collectif, une association de patients ayant recours à la procréation assistée, de personnes infertiles et stériles.

Activité en baisse de 25% en 2020

Report des soins, allongement des délais d’attente… Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, l’évaluation globale de son impact sur les activités de procréation assistée n’est pas encore finalisée. Mais un indicateur donne la mesure du séisme : celui des ponctions ovocytaires. En mars 2020, 4.021 ponctions ont été réalisées, contre 6.445 en mars 2019. En avril 2020, leur nombre est tombé à 15, puis 134 en mai 2020, selon les chiffres de l’Agence de la biomédecine fournis à Monde. Une autre activité a été particulièrement touchée : celle de la collecte de dons de gamètes, dont bénéficient les couples ayant recours à un tiers donneur (environ 4% des PMA en 2018). « Il y a une baisse de 60 % des dons de sperme et de 40 % des dons d’ovules en 2020 », indique le GAB.

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Après la fermeture totale du printemps, les couples ont progressivement regagné les centres, qui ont redémarré avec une activité réduite, selon les modalités fixées par les agences régionales de santé (ARS). « D’après les retours que nous avons, qui ne sont pas encore consolidés, il y a eu, selon les localisations, une baisse d’activité de 25% à 30% sur l’année., estime Nathalie Rives, présidente de la fédération française des Cecos, les centres d’étude et de conservation des ovules et spermatozoïdes humains. L’effet sur les couples est indéniable, avec un retard de plusieurs mois de leur prise en charge. Mais elle est très variable selon les centres. ” En juin 2020, le gouvernement a annoncé la mise en place d’une exonération pour les femmes ayant atteint l’âge limite de prise en charge, fixé à 43 ans dans un délai d’un an. Ils avaient jusqu’au 31 décembre 2020 pour faire une dernière tentative.

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