June 22, 2021

les femmes en première ligne face au Covid-19

Ils étaient applaudis, célébrés à grands coups de casseroles frappés d’enthousiasme sur les balcons des grandes cités ou sur les portes des maisons. Pour vous remercier d’avoir affronté la pandémie la plus grave que le pays ait connue depuis des décennies. D’abord le personnel soignant, les infirmières et les aides-soignants, les femmes, car il y a des métiers où ce genre est essentiel. Ceux que le président de la République Emmanuel Macron, dès son discours du 12 mars 2020, a appelé, dans un langage plus pertinent à la guerre des tranchées, “La première ligne”. Puis, en deuxième ligne, les enseignants, les caissiers, les agriculteurs, les travailleurs sociaux, les éboueurs, le personnel de sécurité et de nettoyage, etc.

Les statistiques sont incontestables : les femmes représentent 86 % des postes d’infirmières/sages-femmes, 92 % des infirmières auxiliaires, 77 % des professions paramédicales, 82 % des caissières/employées en libre-service, 97 % des assistantes maternelles ou infirmières. encore 72% d’agents de nettoyage, selon les chiffres publiés en mai 2021 par la Dares, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail.

La fermeture des crèches et des écoles a évidemment eu un impact sur ceux qui ont souvent des tâches familiales.

Et c’est parmi ces emplois que l’on retrouve la majorité des salariés contaminés par le virus SARS-CoV-2. « Les femmes exercent plus souvent des métiers où les conditions de travail se sont encore dégradées, ce qui s’est également accompagné d’une détérioration de leur santé, tant physique que mentale : coopération au travail, soutien des collègues, horaires décalés, charge de travail, intensité émotionnelle… Alors que ces conditions de travail sont restées plus ou moins stables dans l’industrie, le bâtiment ou l’agriculture, secteurs moins féminisés », analyse Mikael Beatriz, adjoint au chef du service conditions de travail et santé de la Dares.

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Isabelle Privé, enseignante dans une classe de CE1 à Bihorel (Seine-Maritime).  Lors du premier confinement, alors que l'école n'accueillait que les enfants des soignants, elle s'est portée volontaire avec le directeur pour donner les cours, en plus de gérer sa classe à distance habituelle.  Ici le 9 avril 2020.

Dans une enquête baptisée Tracov (menée auprès de 50 000 salariés), 6 % des femmes – contre 4 % des hommes – déclarent avoir été contaminées sur leur lieu de travail.

Les statistiques, là encore, confirment cette vulnérabilité des femmes face à la pandémie. Selon le ministère du Travail, le recours à l’activité partielle en avril 2021 a enregistré une forte progression dans le secteur du commerce : + 38 %, avec la fermeture des commerces dits « non essentiels ». Dans l’éducation, la santé et l’action sociale aussi, il a connu une augmentation significative (+ 183 % en un mois). La fermeture des crèches et des écoles a évidemment eu un impact sur celles qui relèvent souvent des tâches familiales.

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