June 23, 2021

En Andorre, un projet d’aéroport suscite un tollé

L’Airbus A320neo survole les sommets pyrénéens, les vallées andorranes, la capitale Andorre-la-Vieille, puis se pose délicatement sur une courte piste, dans le cirque d’Envalira, au pied du tunnel du même nom qui relie la vallée au Pas de la Casa, à une dizaine de kilomètres de la France. le vidéo, publiée le 16 mars par la Chambre de commerce d’Andorre, n’est pour l’instant qu’une fiction, produite en images de synthèse.

Le projet, dont la faisabilité technique a été confiée à la société Navblue (groupe Airbus) et CGX Aero, vise à développer un tourisme de luxe haut de gamme. Son coût est estimé à 345 millions d’euros. Situé à 1 987 mètres d’altitude, l’aéroport dispose d’une piste de 1 800 mètres de long et de 45 mètres de large, de parkings couverts, d’un hall d’accueil aux formes orangées, fuselées et modernes. L’emplacement choisi, selon les porteurs de projet, serait « Protégé des vents dominants et des risques d’avalanches, et permettrait à l’aéroport d’être ouvert toute l’année malgré la météo souvent rude en Andorre ».

La piste pourrait accueillir des Airbus A220 ou alors A320 et Boeing 737-600, dont le rayon d’action permet d’atteindre la Finlande et la Russie, ou la Turquie et les Emirats Arabes Unis. Objectif affiché : accueillir jusqu’à 500 000 passagers par an, sur les 3 millions habituels qui se déplacent sur le petit territoire de 72 000 habitants, connu pour ses stations de ski et ses boutiques de produits détaxés.

Un « projet d’un autre âge »

Pour rejoindre l’Andorre actuellement, en ligne régulière, il faut passer par les aéroports de Toulouse ou de Perpignan ou, côté espagnol, ceux de Barcelone ou de Gérone. Depuis une trentaine d’années, la solution du train, trop chère, a été abandonnée, comme celle d’un aéroport en Ariège, à mi-chemin entre Toulouse et la principauté.

La présentation du projet a fait bondir certains habitants, responsables politiques et économiques. « Une folie », selon Joan Viladomat, président de la société président de la société Saetde qui exploite la gare de Grandvalira. « Une monstruosité », pour l’ancien chef du gouvernement socialiste, Jaume Bartumeu. “Au début, on pensait même que c’était une blague”, dit Claude Benet. Ce professeur d’anglais, ancien ministre du Tourisme de 2009 à 2011, a formé un mouvement – ​​Ad.Hoc – qui veut lutter contre cette « projet d’un autre âge, qui détruirait la biodiversité, couvrirait une rivière, déplacerait des zones humides… sans parler du bruit et du danger de ces avions qui passent juste au-dessus. “

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