June 22, 2021

cinq femmes dont la voix compte

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les scientifiques, les professionnels de la santé et les responsables sont en première ligne pour mieux comprendre le virus et tenter de contenir son expansion. Parmi elles, des femmes ont émergé et leur travail reconnu dans différents registres. Voici cinq exemples.

  • Katalin Kariko, biochimiste, vice-présidente de BioNTech

Certains de ses concurrents le contestent, l’admettent plus volontiers : à 66 ans, Katalin Kariko est le visage de l’ARN messager, cette molécule à la base des vaccins les plus efficaces contre le Covid-19. Dès son arrivée aux États-Unis de sa Hongrie natale, en 1985, elle est convaincue que ce support d’information génétique peut révolutionner la médecine. Elle rêve alors de guérir le cancer. Pendant trente ans, elle va chercher, trébucher souvent, au point d’être presque expulsée de l’université de Pennsylvanie. Aujourd’hui, on lui promet le Nobel. Car, dès 2005, il a posé les premières briques du bâtiment qui conduira à ce vaccin révolutionnaire. Recrutée en 2014 par la société BioNTech en tant que vice-présidente, elle poursuit l’aventure dans les domaines de la santé et de l’industrie. Alliée au géant américain Pfizer, la start-up allemande a remporté la compétition mondiale. Avec Katalin Kariko, toujours au premier rang.

Lire l’éditorial de « Monde » : Messenger RNA : la leçon de liberté de Katalin Kariko
  • Ngozi Okonjo-Iweala, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce

Ngozi Okonjo-Iweala, avant une réunion au siège de l'Union européenne à Bruxelles, le 19 mai 2021.

Sa nomination n’est pas passée inaperçue. Première femme et première Africaine à diriger l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en mars 2021, Ngozi Okonjo-Iweala est aussi l’un des derniers espoirs de réformer une organisation fragilisée par le déclin du multilatéralisme. Le nouveau dirigeant, à la double nationalité américaine et nigériane, connaît bien les subtilités des institutions internationales. Elle a été directrice générale de la Banque mondiale et ministre des Finances du Nigeria à deux reprises. Il a désormais l’opportunité de ressusciter l’OMC en montrant son utilité dans la lutte contre la pandémie actuelle de Covid-19. L’OMC a un rôle à jouer dans l’augmentation de la production de vaccins, en facilitant le libre-échange de leurs composants et en assouplissant les règles de propriété intellectuelle. « Ma priorité est de lutter contre le nationalisme vaccinal », dit Mmoi Okonjo-Iweala immédiatement après sa nomination.

  • Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses

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