June 23, 2021

un an de prison pour un entrepreneur belge

Un chef d’entreprise belge a été condamné, vendredi 4 juin, par le tribunal d’Anvers à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans le scandale des œufs contaminés au fipronil, qui avait secoué la filière avicole européenne en 2017.

Cet homme de 49 ans, patron de la société Agro Remijsen, aujourd’hui en faillite, avait commercialisé un produit pour le traitement des poulaillers, faussement présenté comme 100% naturel, mais qui contenait cet insecticide interdit. Un de ses associés et un autre entrepreneur ont écopé d’une peine de dix-huit mois avec sursis.

Au total, sept chefs d’entreprise et quatre sociétés ont été jugés dans le volet belge de cette affaire, devant le tribunal correctionnel d’Anvers. Mais le tribunal s’est montré plus clément que le parquet dans ses réquisitions, jugeant que seuls trois fonctionnaires méritaient une condamnation. Le jugement est susceptible d’appel.

L’utilisation du fipronil pour désinfecter les poulaillers, principalement en Belgique et aux Pays-Bas, avait secoué toute la filière avicole européenne en 2017, entraînant l’abattage préventif de volailles et le retrait de dizaines de millions d’œufs des rayons des supermarchés. .

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Un danger pour la santé humaine

Autorisé à lutter contre les poux et les acariens chez les chiens et les chats, le fipronil est interdit dans l’Union européenne dans les bâtiments d’élevage, car l’antiparasitaire peut se retrouver sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire. Le risque de résidus, même minimes, doit être exclu, afin de protéger la santé humaine. Dans ce cas, il servait à lutter plus efficacement contre le pou rouge, l’ennemi déclaré des poulaillers.

La société Agro Remijsen, établie à Ravels dans le nord de la Belgique, près de la frontière néerlandaise, a été reconnue coupable d’avoir importé illégalement du fipronil de Roumanie pour fabriquer un mélange vendu sous le nom Dega-16.

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Ce désinfectant, présenté comme le produit miracle contre le pou rouge, a trompé la vigilance des éleveurs. En Belgique, une entreprise de désinfection l’a utilisé en sachant pertinemment qu’il était interdit et nocif, comme l’a relevé le tribunal d’Anvers. C’est le gérant de cette entreprise qui est condamné, aux côtés des deux associés d’Agro Remijsen.

La crise sanitaire qui a éclaté à l’été 2017 avait touché la quasi-totalité de l’Europe, et des aliments suspects (œufs ou ovoproduits potentiellement contaminés) avaient même été découverts à Hong Kong. Rien qu’en Belgique, « Plus de 77 millions » des œufs ont dû être détruits et près de deux millions de volailles abattues, selon l’Autorité belge de sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), partie civile au procès.

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Le monde avec l’AFP

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