June 25, 2021

Le chauffage au bois, première source d’émission de particules fines

La combustion du bois émet non seulement des gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique, mais libère également des particules fines dans l’air qui constituent une menace pour la santé humaine. En France, selon les dernières estimations de Santé publique France, les particules fines (PM2,5, moins de 2,5 micromètres) sont responsables d’au moins 40 000 décès chaque année.

Particulièrement dangereux car ils pénètrent profondément dans l’organisme, ils sont à l’origine de maladies respiratoires ou cardiovasculaires voire de cancers du poumon. Cependant, le chauffage domestique au bois est la principale source d’émission de PM2,5 (43 %) en France. et, partout sur le territoire, poussent les chaufferies collectives fonctionnant à la biomasse.

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Dans une étude publiée fin 2020 dans la revue Nature, chercheurs de l’Institut Paul Scherrer (Suisse) tire la sonnette d’alarme : les particules issues de la combustion de la biomasse, par leur potentiel oxydant, c’est-à-dire leur capacité à attaquer les cellules, sont encore plus toxiques que celles issues des gaz d’échappement des vieux diesel et véhicules à essence. La combustion du bois est également une source importante d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des gaz cancérigènes. Le bois émettrait ainsi jusqu’à 35 fois plus de HAP que le fioul.

« En route vers un nouveau scandale sanitaire »

“Après le diesel, la France s’engage sur la voie d’un nouveau scandale sanitaire”, dénonce Thomas Bourdrel, radiologue et auteur de plusieurs articles de référence sur la pollution de l’air. Avec un groupe de médecins et de professionnels de santé, principalement strasbourgeois, il a lancé un appel demandant « Un arrêt des centrales biomasse » dans la capitale alsacienne.

Deux centrales sont déjà en service à Strasbourg. La plus ancienne, installée dans la zone industrielle du Port du Rhin, contribue aux émissions de particules et notamment de HAP, selon les mesures réalisées par Atmo Grand Est, l’organisme chargé de surveiller la qualité de l’air dans la région. . Le bilan 2018 montre également qu’il est une source d’émissions de métaux lourds et qu’il est impliqué dans plusieurs pics de pollution aux particules fines durant l’hiver 2017.

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Toujours à Strasbourg, la papeterie Blue Paper a remplacé son unité de production de chaleur au gaz par une centrale biomasse et un incinérateur. « Cet exemple résume à lui seul le problème des centrales à biomasse, estime Thomas Bourdrel. La Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement] a accordé à l’industriel une dérogation pour qu’il puisse doubler ses émissions de particules et quadrupler celles des HAP, ce qui n’a pas empêché le projet de recevoir des subventions de l’Etat et de la ville sous prétexte qu’il permettait de passer des énergies fossiles, en ce cas le gaz, aux énergies renouvelables : le bois et les déchets. »

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