June 23, 2021

Entre émissions de carbone et concentration de particules fines, la confusion de 40 millions d’automobilistes

Depuis mardi 1est En juin, la métropole du Grand Paris a interdit la circulation des véhicules Crit’Air 4 et 5 en semaine, entre 8h et 20h, pour réduire la pollution de l’air. La mesure est critiquée par le délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes. Pour le délégué général de l’association, Pierre Chasseray, la mesure, en plus d’être injuste, est inefficace. Pour preuve, soutient-il, le confinement du printemps 2020 n’a eu qu’un impact mineur sur la pollution.

Ce qu’il a dit

« Lors du premier confinement, 87 % du trafic automobile a été supprimé en Ile-de-France, pour une réduction des émissions de carbone de 7 % », affirmé, mardi 1est Juin, Pierre Chasseray à l’antenne de BFM-TV.

Pourquoi est-ce très imprécis

  • Une vraie goutte circulation automobile

Pierre Chasseray a raison sur un point : le trafic routier a chuté drastiquement lors du premier confinement – ​​puis dans une moindre mesure lors des deuxième et troisième confinements.

Cependant, l’évolution du trafic automobile dans une ville est très difficile à objectiver et les données de trafic restent assez approximatives. A Paris, les plateformes « d’aide à la conduite », comme TomTom, Waze ou Coyote, transmettent les informations de géolocalisation GPS de leurs utilisateurs. Les données disponibles montrent une baisse de 89 % par rapport à la même période en 2019, selon TomTom Traffic Index et de 72 % pour Coyote. Contacté, M. Chasseray n’a pas « Se souvient » d’où vient le chiffre de 87 %.

  • Confusion entre « émission de carbone » et « concentration de particules fines » »

Si le délégué général des 40 Millions d’automobilistes a raison sur la réduction du trafic automobile, il est très imprécis en évoquant un ” 7% de réduction des émissions de carbone ». En réalité, pendant le confinement, c’est la concentration de particules fines qui a diminué de 7 % en Ile-de-France, selon les chiffres d’Airparif, association agréée par le ministère de l’Ecologie et chargée de mesurer quotidiennement la qualité de l’air en Ile-de-France. région de France.

M. Chasseray confond deux types d’émissions liées au trafic automobile : le dioxyde de carbone (CO2), qui est un gaz à effet de serre, et des particules fines, des poussières microscopiques, libérées, entre autres, lors de la combustion du carburant. Hautement toxiques pour les voies respiratoires, ces particules sont responsables de 48 000 décès par an en France, selon une enquête de référence de Santé publique France.

Elle crée également une confusion entre deux notions différentes : la concentration (la proportion d’une substance dans l’air) et les émissions, qui sont la quantité de polluants directement rejetés dans l’atmosphère.

Dans les premiers jours du premier confinement, les émissions de dioxyde de carbone avaient baissé de 70 %.

  • La concentration de particules fines n’a en effet baissé que de 7%

Lors du premier confinement, la concentration de particules fines dans l’air a baissé beaucoup moins fortement, malgré la baisse drastique du trafic automobile. Premièrement, le transport routier n’est pas le seul responsable de l’émission de particules fines. Ce secteur n’est à l’origine que d’un quart des émissions, devant le secteur de la construction et de l’agriculture (15 %), mais derrière le chauffage résidentiel (50 %). Ces activités n’ont pas cessé pendant le confinement, ce qui explique une baisse modérée des concentrations de particules fines en Ile-de-France.

Par ailleurs, les conditions météorologiques exceptionnelles du premier confinement (particulièrement chaudes et sèches) n’ont pas permis d’abaisser encore la concentration de particules fines, comme déjà rappelé par Atmo France, le réseau national des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air dans un communiqué en 2020.

  • D’autres indicateurs montrent des effets sur la qualité de l’air

Il existe en effet un lien entre une baisse du trafic automobile et une amélioration de la qualité de l’air, comme le soulignent associations et scientifiques. Pierre Chasseray n’en parle pas, mais le premier confinement a entraîné une baisse de 25 % des concentrations de dioxyde d’azote (NO2). Et contrairement aux particules fines, NON2 provient principalement du trafic routier. Selon Atmo France, une réduction de 50 % a même été observée le long des grands axes routiers.

D’après l’avis La santé planétaire du Lancet, Paris est le 4e Ville européenne avec la plus forte mortalité due à l’exposition au dioxyde d’azote. Ce gaz irritant est également responsable de la formation d’ozone dans les basses couches de l’atmosphère ainsi que des pluies acides et de l’eutrophisation des écosystèmes.

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