June 23, 2021

en Afrique du Sud, la lutte contre l’épidémie alimente la corruption

Appel à un « new deal » pour l’Afrique

Une trentaine de dirigeants d’Afrique, d’Europe et du Moyen-Orient ont appelé à une « nouveau contrat » pour aider le continent africain à surmonter les conséquences de la pandémie de Covid-19, dans un appel lancé par les présidents Emmanuel Macron (France), Paul Kagame (Rwanda), Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud) et Macky Sall (Sénégal). « Si le choc sanitaire y est à ce jour mieux maîtrisé qu’ailleurs, il pourrait cependant être plus durable, profond et déstabilisant pour l’ensemble de la planète », préviennent-ils dans une tribune publiée par Le monde Mercredi 2 juin.

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Cette “Refondation” doit inclure une mobilisation accrue des ressources financières en faveur de l’Afrique. L’enjeu est de faire aboutir les discussions autour des « droits de tirage spéciaux », ces actifs monétaires du Fonds monétaire international (FMI), afin de réussir à réaffecter « 100 milliards de dollars au profit du continent africain et d’autres pays vulnérables », selon les signataires du forum.

L’autre grand axe de cette « nouveau contrat » concerné « Accès aux vaccins », d’un partage plus équitable des doses existantes aux transferts de technologies et à la levée des brevets pour encourager la production de vaccins directement sur le continent. Ces propositions seront discutées lors du sommet du G7 qui s’ouvre le 11 juin au Royaume-Uni et auquel l’Afrique du Sud a été invitée. Une urgence car les livraisons de vaccins sont « Presque à l’arrêt » en Afrique, alors que les cas de virus ont augmenté de 20% au cours des deux dernières semaines, a annoncé jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « La menace d’une troisième vague est réelle et croissante », a alerté son directeur régional, Matshidiso Moeti.

C’est ce que représentent les contrats liés à la lutte contre le Covid-19 qui font l’objet d’enquêtes pour corruption en Afrique du Sud. L’un de ces cas éclabousse le ministre de la Santé, Zweli Mkhize, figure de la lutte contre la pandémie : selon les médias locaux, son ex-porte-parole, Tahera Mather, et son ancienne assistante personnelle, Naadhira Mitha, auraient touché des millions de rands. en paiements irréguliers liés à un contrat de communication autour du Covid-19.

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L’Unité des enquêtes spéciales (UES), chargée de scruter les transactions suspectes, avait déjà révélé en février que l’équivalent de près de 14 millions d’euros avait été détourné l’an dernier par la corruption, la fraude et les prix gonflés des équipements de protection fournis aux hôpitaux publics.

Ces cas à répétition pourraient finir par susciter la colère dans le pays africain le plus touché par les décès et les contaminations dues au Covid-19 et dont l’économie a été durement secouée par la crise sanitaire. Le chômage au premier trimestre 2021 a ainsi atteint un niveau record de 32,6%, selon les données officielles publiées mardi.

Des personnes âgées attendent avant de se faire vacciner contre le Covid-19 à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 17 mai 2021.

La variante sud-africaine rebaptisée « Beta »

L’OMS a donné des noms de lettres grecques aux variantes du Covid-19. Celui identifié en Afrique du Sud est désormais surnommé « Beta », tandis que la variante britannique a été rebaptisée « Alpha » et la variante brésilienne « Gamma ». Une décision qui vise à simplifier les choses alors que les noms scientifiques (B.1.617, B.1.1.7, B.1.351) sont difficiles à retenir.

L’autre objectif est d’empêcher le grand public et les médias d’utiliser des noms « Stigmatisant et discriminatoire », a annoncé mercredi l’OMS. En février, dans une interview avec Monde Afrique, Le professeur Salim Abdool Karim, la principale voix scientifique sur le virus en Afrique du Sud, avait déjà appelé le reste du monde à cesser de parler d’une “variante sud-africaine”. “Ça donne l’impression qu’on a créé la variante et qu’on la diffuse partout”, avait-il souligné.

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Lancement de la vaccination au Burkina

Le Burkina Faso a commencé mercredi sa campagne de vaccination contre le Covid-19, trois jours après avoir reçu une livraison de 115 200 doses d’AstraZeneca financées par Covax, le mécanisme mondial de livraison de vaccins aux pays pauvres. Dans un premier temps, 92.000 doses devront être administrées aux professionnels de santé, puis environ 20.000 aux candidats au pèlerinage à La Mecque, selon le ministère de la Santé.

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Six pays d’Afrique n’ont pas encore commencé à vacciner leurs populations : le Burundi, l’Érythrée, la Somalie, la Tanzanie, le Tchad, mais aussi Madagascar, qui a reçu un premier envoi de vaccins le 8 mai mais n’a toujours pas lancé sa campagne. En Afrique à ce jour, 2,5 doses ont été administrées pour 100 habitants, contre 87 aux États-Unis et 47 en Europe. La moyenne mondiale est de 26 doses pour 100 habitants.

Mardi, l’OMS a approuvé en urgence le vaccin chinois Sinovac pour permettre au dispositif Covax d’avoir des doses supplémentaires pour les pays défavorisés. Un feu vert a été salué comme « Une étape cruciale » par le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Les femmes plus vulnérables

C’est ici “Pandémie de l’ombre”, selon le rapport de la Fondation Mo Ibrahim publié mercredi. Durant les premiers mois de la crise sanitaire, les femmes et les filles ont été confrontées à des situations de vulnérabilité accrue. Les confinements décrétés dans de nombreux pays ont souvent coïncidé avec une augmentation des violences sexuelles et sexistes.

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Dans une enquête menée par la fondation auprès de 1.056 femmes dans six pays sahéliens, 52,1% des personnes interrogées déclarent avoir été victimes de violences conjugales, contre 40,6% avant l’arrivée du Covid-19. Ils sont même 96% à le signaler au Sénégal, contre 81% avant la pandémie. En outre, 1 million de filles en Afrique subsaharienne pourraient ne jamais retourner sur les bancs de l’école après être tombées enceintes pendant l’accouchement, selon le rapport.

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