June 23, 2021

à Saint-Quentin dans l’Aisne, une brigade de gardes ruraux traque les auteurs de décharges illégales de déchets

Un ours en peluche est assis près d’une dalle d’amiante et d’une coquille de la Seconde Guerre mondiale. A quelques mètres de là, une chaise en plastique est renversée sur une dizaine de vêtements et, au milieu de sacs poubelles, une enveloppe se détache.

Le champ recouvert d’ordures à la sortie de Saint-Quentin (Aisne) rappelle des souvenirs de Romain Janson. Au printemps 2020, il a trouvé un indice essentiel pour mener à bien une de ses enquêtes. Une lettre ouverte, comme celle froissée par terre aujourd’hui, contenait une facture, un nom, une adresse, un suspect : M. C. “J’étais allé vérifier la vidéosurveillance près de chez lui, il est sorti de chez lui en camion cette nuit-là”, confirme le garde champêtre.

Monsieur C. est poursuivi pour « Déversement illégal de déchets avec l’utilisation d’un véhicule », infraction passible d’une amende de 1 500 euros. Il avait emprunté le véhicule utilitaire de son patron pour un week-end pour un déménagement avant de déverser une remorque pleine à côté d’autres tas d’ordures sur un terrain en périphérie de la ville. Un trajet de sept minutes en voiture aurait suffi pour rejoindre la déchetterie la plus proche.

« Nous avons parfois trouvé des photocopies de cartes d’identité, de numéros de sécurité sociale. Certains ne savent pas encore que nous existons, maintenant ils comprennent », assure Fabrice Grange, également membre de la brigade intercommunale de l’environnement (BIE) de l’agglomération de Saint-Quentinois.

Romain Janson, garde champêtre et chef de la brigade intercommunale de l'environnement, et son collègue Vincent Michel lors d'un contrôle sur une décharge illégale autour de Saint-Quentin (Aisne), le 31 mai 2021.

“C’est le problème numéro un”

Depuis les élections municipales, l’intercommunale affirme avoir fait de la lutte contre les décharges illégales de déchets une priorité. Au point de se vanter d’avoir réussi à enrayer un phénomène qui inquiète les élus locaux dans toute la France : pour le mois de mai seulement, Le monde compté 168 articles publiés sur le sujet dans trente-cinq journaux régionaux. “C’est le problème numéro un”, certifie Philippe Vignon, vice-président de l’agglomération de Saint-Quentinois, en charge de la politique de la ville et de la prévention de la récidive.

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Un obus de la Seconde Guerre mondiale sur une décharge illégale de déchets autour de Saint-Quentin (Aisne), le 31 mai 2021.
Romain Janson vérifie le bon fonctionnement d'un piège photographique installé sur un site de dépôt illégal autour de Saint-Quentin (Aisne), le 31 mai 2021.

Début 2019, 90 % des collectivités interrogées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) se disaient déjà « Confronté » jeter sur leur territoire. Le problème concernerait même « L’ensemble de la société », selon le ministère de la Transition écologique, qui a publié en décembre 2020 un guide de lutte contre les dépôts.

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