June 22, 2021

vacciner les 12-18 ans, pour protéger les adolescents… mais surtout leurs parents et grands-parents

Traditionnellement, un ministre commande un avis à une agence de santé. On le lui donne, il en prend note puis décide de le suivre, ou pas. Celle faite, jeudi 3 juin, par la Haute Autorité de Santé (HAS), qui recommande au gouvernement l’extension de la vaccination à tous les jeunes de plus de 12 ans ne sera pas suivie… car elle a été précédée.

Le président Emmanuel Macron, en déplacement dans le Lot, a annoncé mercredi après-midi que les jeunes de 12 à 18 ans pourraient être vaccinés à partir du 15 juin. Puis le ministre de la Santé, Olivier Véran, a précisé, au “20h00” de TF1, que ce vaccin » se fera sur la base du volontariat et avec l’accord des parents ».

“Changement de paradigme”

En l’absence d’annonce, la HAS fournit donc une explication textuelle. Et elle va être précieuse. Car comme l’indique le professeur de pharmacologie Mathieu Molimard, « C’est la première fois en France que nous allons vacciner des jeunes avant tout pour protéger leurs parents et grands-parents. C’est un changement de paradigme. Cela mérite quelques éclaircissements ».

L’avis de la HAS fait suite à l’autorisation provisoire accordée, vendredi 28 mai, par l’Agence européenne du médicament (EMA) au vaccin Comirnaty du laboratoire Pfizer, pour une utilisation chez les jeunes à partir de 12 ans. La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a pris la même décision le 10 mai et le 12 mai, les Américains ont commencé à vacciner leurs adolescents.

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Les experts de la HAS ont pu profiter de ces différents examens, des premiers retours d’expérience du terrain et des résultats de l’essai clinique mené par le laboratoire Pfizer sur des 12-15 ans. Enfin, elles s’appuient sur un rapport de 170 pages réalisé par le comité technique de vaccination de l’agence, qui scanne tous les registres : virologiques, épidémiologiques, pharmacologiques et éthiques. La HAS examine les différents bénéfices offerts par le vaccin aux adolescents et les risques éventuels qu’il pourrait leur faire courir.

Du côté des risques, les experts ont peu de doutes. Les essais cliniques n’ont montré aucun effet secondaire grave pouvant être préoccupant. « On observe une réactogénicité importante, légèrement plus élevée chez les 12-15 ans que chez les 16-25 ans, mais rien de grave, indique le pharmacologue Antoine Pariente, membre du comité d’évaluation des risques de pharmacovigilance de l’AME. Avec les campagnes déjà lancées, nous avons pris du recul et n’avons détecté aucun signal particulier. ”

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