June 24, 2021

Les agriculteurs biologiques mécontents des arbitrages gouvernementaux

Une dernière position. C’est le sentiment qui animait les agriculteurs bio venus manifester, mercredi 2 juin, sur l’esplanade des Invalides à Paris. Des agriculteurs soucieux d’exprimer leur mécontentement après les arbitrages effectués par le gouvernement au sujet de la future politique agricole commune (PAC). Pas de tracteurs menaçant le ministère de l’Agriculture voisin, mais des discours, de la musique, un esprit bon enfant sur fond de colère profonde, avec pour slogan : « Le nu bio ! “

« Entre la PAC qui s’éteindra en 2022 et celle qui arrivera en 2023, je ne vois aucun changement. Les décisions prises ne sont pas à la hauteur des défis que nous devons relever collectivement », précise Loïc Madeline, de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB). Il avait claqué la porte lors de la réunion de présentation de l’arbitrage de la PAC aux parties prenantes organisée vendredi 21 mai par le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. « Lors de la négociation préalable, nous avons fait quelques propositions. Ils n’ont pas été retenus. Nous avons été traités avec mépris. Je ne regrette pas d’avoir claqué la porte. Mais nous devons perdre avec dignité », il ajoute.

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Depuis, une bataille de chiffres a commencé. M. Denormandie a reconnu que l’objectif fixé par Emmanuel Macron d’atteindre 15 % de surfaces cultivées en bio à la fin du quinquennat ne sera pas atteint. La réalité serait plus proche de 12% à 13%, a-t-il prédit.

Le gouvernement a donc choisi un nouveau cap avec l’ambition d’atteindre 18% en 2027. Pour accompagner ce mouvement, 340 millions d’euros devraient être consacrés à des aides à la reconversion des agriculteurs souhaitant basculer. en bio, sur la période de la prochaine PAC, 2023-2027. Dans la PAC qui arrive à son terme, l’enveloppe allouée à cette politique a été estimée à 250 millions d’euros.

Aide à la maintenance définitivement rayée de la carte

Cette aide à la reconversion est versée pendant cinq ans. Elle doit compenser les baisses drastiques de rendement et la réorientation de la production à la ferme.

Avant, lorsque l’agriculteur bio avait passé cette période charnière, il recevait une aide au maintien, qui prenait le relais pour continuer à consolider son nouveau modèle économique. Subventions cofinancées par l’Etat et les régions. En 2017, le gouvernement de M. Macron a décidé d’arrêter d’abonder les aides à l’entretien, laissant aux régions qui souhaitaient la possibilité de les conserver. M. Denormandie a annoncé qu’ils seront, cette fois, définitivement rayés de la carte avec la future PAC.

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