June 22, 2021

La France à l’offensive pour un plan d’investissement européen

Emmanuel Macron n’a pas attendu que le plan de relance européen de 750 milliards d’euros soit opérationnel pour parler de la suite. Les Vingt-Sept ne s’étaient pas encore mis d’accord sur son architecture que le président français parlait déjà du sujet. « L’épidémie reprend. Il est très probable que nous devrons redéfinir une réponse orchestrée », a-t-il déclaré le 16 octobre 2020, à l’issue d’un sommet européen.

Le 25 mars, à l’issue d’une nouvelle réunion des chefs d’État et de gouvernement européens, M. Macron est revenu à la charge : « Après la première vague de Covid-19, l’Union européenne [UE] a apporté une réponse à la hauteur. (…) Face aux deuxième et troisième vagues, nous devrons sans doute compléter cette réponse. “

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : les Vingt-Sept « ont besoin de plus que du plan de relance » de 750 milliards d’euros, selon le commissaire européen à l’Économie

Le président français veut faire avancer les choses avant l’élection présidentielle de 2022, surtout depuis le premier semestre de cette même année, en pleine campagne électorale, donc Paris prendra la présidence tournante du Conseil de l’UE. Au fond, Macron, comme le président du conseil italien, Mario Draghi, s’inquiète d’une nouvelle baisse en Europe, alors que les Etats-Unis injectent des centaines de milliards de dollars dans son économie. Et appelle à une réaction des Vingt-Sept. « Au Concile de mars, ils ont planté des graines », résume un proche de l’Elysée.

A ce stade, Paris et Rome n’en disent pas plus sur la forme que pourrait prendre ce nouveau plan européen. « Il n’y a pas encore d’objet défini au niveau européen. Nous ouvrons le débat politique et intellectuel », explique Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes. Mais une chose est sûre, il ne peut s’agir d’une réplique du plan de relance sur lequel les Vingt-Sept ont passé tant d’heures à négocier, avant de s’entendre sur le principe de la dette commune et de la répartition des subventions aux pays les plus touchés par la pandémie. Les « frugaux » (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche et Finlande), qui y étaient opposés, ne voudront pas en entendre parler.

Semi-conducteurs, hydrogène ou santé

Dans ce contexte, plutôt que de demander de nouvelles aides, Paris et Rome préfèrent évoquer la nécessité pour l’Europe d’investir massivement, d’ici 2030, dans des secteurs stratégiques comme les semi-conducteurs, l’hydrogène ou la santé. .

Certains, comme Bruno Le Maire, louent le modèle des « alliances », qui permettent à plusieurs États membres de travailler ensemble sur des projets précis, en échappant aux règles contraignantes de la Commission sur les aides d’État. « Demain, les semi-conducteurs seront aussi importants que le pétrole au 20e sièclee siècle. Nous en aurons besoin partout. Nous ne pouvons pas dépendre entièrement des pays asiatiques », explique le ministre de l’Économie, qui préfère les projets intergouvernementaux aux instruments communautaires, plus difficiles, de son point de vue, à mettre en place.

Vous avez 45,77 % de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

Homepage