June 22, 2021

A la ferme XXL de La Motte de Talcy, “sans les saisonniers bulgares, pas de bio”

Salopette bleue et pommettes roses, Vasil s’avance, sa désherbeuse à la main. Il observe l’horizon, puis sourit : « Il y a beaucoup de travail ! Nous sommes là trente jours. Après, on va à Sancerre [dans le Cher]. Ensuite en Grèce, en Italie ou au Portugal, on verra. “ Avec une cinquantaine de camarades, hommes et femmes, oncles et cousins, il a fait le déplacement en Bulgarie pour revitaliser un vaste champ d’oignons bio recouvert d’herbes folles après deux semaines de pluie.

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Ce domaine fait partie des 1 300 hectares exploités par la Ferme de la Motte, située à Talcy (Loir-et-Cher), devenue une institution en Beauce Loire, aussi célèbre que ce château du XVIe siècle.e siècle à deux pas. La raison de sa notoriété : la ferme et ses 30 000 tonnes de production annuelle approvisionner tous les supermarchés français en pommes de terre bio ou ses condiments (oignon, ail, échalote) en culture conventionnelle ou bio, sous les marques des différentes enseignes.

« Le bio représente désormais 60% de notre chiffre d’affaires pour seulement 35% de nos volumes, félicite Bertrand Lemaire, qui gère la ferme avec ses deux frères et deux de ses cousins. Il y a quatre ans, nous ne faisions pas d’oignons rouges car il n’y avait pas de variété résistante à nos conditions climatiques. Nous avons acheté notre bio en Hollande, en Espagne, en Italie et nous l’avons revendu. Cette année, toutes nos gammes de produits progressent à 75% en France, c’est encore énorme ! »

Pas de main d’oeuvre locale

Plantation, désherbage, récolte, épluchage, nettoyage, séchage, conditionnement, vente, stockage ou chargement de camions rythment les journées de cette ferme-usine, de 300 salariés, sans compter les saisonniers, donc bulgares, « Hébergé ici, payé au SMIC, salaire français », insiste M. Lemaire, qui regrette de ne plus trouver de main d’œuvre agricole locale. « Je suis aussi allé dans les ZUP d’Orléans et de Châteaudun pour recruter. Mais personne ne veut travailler un samedi à ramasser des échalotes, quel que soit le salaire. En bio, vous avez besoin de beaucoup plus de monde qu’en conventionnel et à des jours précis, sinon vous ne ramasserez rien. Sans Bulgares, pas de bio. “

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Impressionné par une récente visite, François Bonneau, le président PS de la région Centre-Val de Loire et candidat à sa réélection, reconnaît une ferme « Complémentaire aux petites exploitations en circuits courts et avec effet de levier : elle accélère la transition écologique, en incitant les agriculteurs beaucerons du monde entier à se lancer ». Qui se voient proposer des contrats de trois ans, à volumes et prix fixes, pour approvisionner les commandes bio de la Ferme de la Motte. Soixante-dix ont déjà signé.

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