June 23, 2021

Le procès de « Bure » s’ouvre sur fond de lutte politique

Les bancs des prévenus sont vides au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, dans la Meuse. Et pour cause : au premier jour de leur procès, le mardi 1est Juin, pour “association de malfaiteurs” et “détention de substances ou produits incendiaires ou explosifs en bande organisée”, les sept opposants au projet de décharge, d’ici 2035, de déchets radioactifs dans la commune de Bure sont partis manifester dans les rues du centre-ville avec plusieurs centaines de membres du mouvement de protestation antinucléaire.

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Visiblement embarrassé, le président du tribunal, Sylvain Roux – après avoir lu l’épais arrêté de renvoi de 180 pages – a décidé de suspendre la procédure jusqu’au lendemain plutôt que d’attendre le retour des prévenus. Il est alors 15h30 dans la salle d’audience quasi déserte du petit palais de justice.

« Monsieur le Président, il me semble que votre juridiction est toujours prise en otage, assène, agacé, le procureur de la République de Bar-le-Duc, Sofian Saboulard. Il faut maintenant attendre le retour des prévenus pour les interroger. Ce n’est pas la cour normale de justice. ”

“État policier”

Dans la matinée, le président n’avait pas autorisé les prévenus à prolonger leur pause méridienne pour participer au cortège avec leurs avocats : « Ce n’est pas l’extérieur qui devrait dicter ce qui se passe dans un tribunal. Nous avons fixé un calendrier : l’audience est prévue sur trois jours. “

A l’ouverture du procès, les débats ont donc été totalement éclipsés par le rassemblement festif, au pied du palais de justice, des opposants à l’installation par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) d’un centre de stockage géologique industriel de déchets radioactifs (Cigéo). Dans une ambiance de foire, les prévenus, poings levés, ont été applaudis par les militants anti-nucléaires massés sur la place Saint-Pierre, où des stands étaient installés. Vêtue de violet, couleur des opposants au projet Cigéo, la foule a dénoncé » l’Etat policier “ et réclamé « La fin du nucléaire ».

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« Attaché à la sérénité des débats », le président du tribunal a exprimé en vain le souhait, dans son préambule, que l’audience ne transforme pas « Ni en spectacle ni en forum politique ». Stoïque derrière son masque, M. Roux a menacé de « Procéder à l’expulsion de la salle de tout élément perturbateur ». « Nous sommes là pour discuter des qualifications criminelles et non du nucléaire ou du projet Cigéo », a insisté, pour sa part, le représentant du parquet.

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