June 23, 2021

La population d’oiseaux des villes et des champs en France a diminué de près de 30 % en trente ans

C’est un massacre. Déjà largement connu, mais qui perdure. En trente ans, les populations d’oiseaux des zones agricoles ont diminué de 29,5%, et celles des oiseaux vivant en zones urbaines ont baissé de 27,6%. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) font le bilan, lundi 31 mai, de trente ans de surveillance des oiseaux communs en France. Un programme lancé en 1989 et dont le protocole a été révisé il y a vingt ans, en 2001.

A l’heure de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme, scientifiques et responsables associatifs expriment leur tristesse et leur frustration de répéter inlassablement la même chose, sans que rien ne change.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En cinquante ans, près de 3 milliards d’oiseaux ont disparu en Amérique du Nord

« Malheureusement, nous n’avons eu aucune surprise au moment de faire le point, regrette Benoît Fontaine, qui coordonne le programme Surveillance temporaire des oiseaux communs (STOC) pour le Musée et l’OFB. On voit chaque année que les populations d’oiseaux spécialistes, c’est-à-dire des oiseaux qui réussissent bien dans un type d’habitat particulier, s’effondrent. Il est triste de penser que les alertes ou les mesures qui ont été prises ne suffisent pas. “ Frédéric Jiguet, professeur au Muséum et ornithologue, parle d’un « Immense sentiment d’impuissance et d’inefficacité ». “C’est un vrai constat d’échec, de continuer à communiquer sur le déclin des moineaux, des linottes, des hirondelles”, il a dit.

« Banalisation et standardisation de la biodiversité »

Sur 123 espèces parmi les plus communes en France, 43 étaient en déclin en 2019, dont le chardonneret élégant, la tourterelle et l’hirondelle de fenêtre. Parmi les oiseaux des champs les plus touchés, le pipit des poux est l’une des espèces qui a connu le déclin le plus sévère depuis 2001 : les deux tiers de ses effectifs ont disparu.

Lire aussi Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à « une vitesse vertigineuse »

Au contraire, 32 espèces étaient en expansion – les autres ayant connu des évolutions stables ou incertaines. Le palombe, par exemple, a vu ses effectifs doubler depuis 2001 et est présent partout, en ville, en montagne ou en forêt. La population de mésanges charbonnières, qui peut s’installer aussi bien dans les centres urbains que dans la garrigue méditerranéenne, a augmenté de 7 % en vingt ans.

« Ces oiseaux généralistes, c’est-à-dire qui s’adaptent à tout type de milieu, ont prospéré en prenant la place des oiseaux en déclin, explique Caroline Moussy, responsable des études d’oiseaux à la LPO. Cela contribue à la banalisation et à la standardisation de la biodiversité. “ Depuis 1989, les espèces généralistes ont connu une augmentation de 19,4 %, qui a toutefois ralenti au cours des dix dernières années. Dans les forêts, les populations d’oiseaux ont diminué de 10 %, mais se sont stabilisées depuis les années 2000, après avoir diminué de manière significative.

Vous avez 60,44% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

check over here