June 22, 2021

la drôle de guerre contre une variante indienne qui garde encore quelques mystères

C’est une courte phrase écrite au détour du dernier rapport du conseil scientifique consacré à la variante qui depuis deux mois ravage le sous-continent indien et rendu public vendredi 28 mai. Des experts français décrivent la situation britannique là-bas, avant de passer en France. Ils exposent la photo au 18 mai, avec 77 cas, isolés ou petits amas, répartis dans neuf régions. Et le constat tombe : « Cela rappelle la situation dans laquelle nous nous trouvions avec la variante britannique [Royaume-Uni] à partir de fin décembre 2020. »

Après la troisième vague, alimentée par le mutant britannique et dont nous sortons à peine, la France pourrait-elle connaître une quatrième vague, aussi inattendue que redoutable ?

Il est difficile, à la lecture de ces quelques mots et de l’image actuelle, de ne pas se poser la question. Car il y a des points communs entre les deux situations, à la fois dans ce que nous savons de ce nouveau pathogène, et dans ce que nous ignorons et redoutons. Mais aussi – et fort heureusement – ​​des différences, à commencer par l’état d’avancement de la campagne de vaccination. « La progression de la variante indienne en France semble inexorable, estime le virologue Bruno Lina, directeur du Centre national de référence des infections respiratoires à Lyon et membre du Conseil scientifique. La substitution entre ce mutant et le variant anglais se fera-t-elle en maintenant une diminution générale des cas ? C’est ce que nous espérons tous. Mais il reste encore beaucoup d’inconnues. “

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Les scientifiques ont accumulé quelques certitudes. A commencer par la structure génétique du variant, ou plutôt des variants : trois, apparus successivement en Inde, qui partagent la plupart des neuf mutations sur la protéine S caractéristiques de ce qu’on appelle le « variant indien ». L’un d’eux, appelé B.1.617.2, concentre les préoccupations. Les scientifiques se penchent particulièrement sur trois de ses mutations, nommées L452R, T478K et P681R, qui pourraient rendre le virus plus contagieux ou moins sensible aux anticorps produits par les vaccins. Ou les deux.

Les Britanniques sont désabusés

Partout où il est passé, ce B.1.617.2 n’a cessé de progresser. D’abord en Inde. Longtemps invisible, il s’est lentement développé en mars avant d’exploser en avril, prenant largement le pas à la fois sur ses deux cousins ​​mais aussi sur la variante britannique B.1.1.7, pourtant réputée pour être particulièrement agressive. Il ne fait aucun doute désormais qu’il est responsable de la catastrophe sanitaire locale, de ses 28 millions de cas et des quelque 332 000 décès.

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