August 5, 2021

Ramallah veut garder ses seniors indépendants et actifs

La capitale administrative de l’Autorité palestinienne, malgré un contexte douloureux, est finaliste de l’initiative Wellbeing Cities 2021 (Mieux vivre en ville 2021). Elle développe une politique résiliente en faveur de la santé et de l’autonomie des personnes âgées. Feletcia Adeeb, directrice du Forum d’expertise, un centre innovant qui répond aux besoins des seniors et les encourage à être créatifs, explique sa raison d’être.

En quoi consiste la politique que vous développez en faveur des seniors ?

L’initiative Vieillissement actif a été lancée il y a moins de trois ans par la municipalité de Ramallah. Elle s’est inspirée du slogan « Ne laisser personne de côté » (« Ne laisser personne de côté »), promu par l’agenda des Nations Unies pour les objectifs de développement durable à l’horizon 2030. La ville s’est rendu compte que même si de nombreux projets citoyens existent, les seniors ont tendance à être un peu oubliés. D’où l’idée de lancer ce programme avec un centre appelé Forum d’expertise, afin de leur donner la possibilité de s’adonner à des activités physiques et intellectuelles qui les maintiennent en forme et leur permettent de rester autonomes.

Est-ce le seul centre de ce type en Palestine ?

Oui, son approche est unique. Il existe bien sûr des maisons de retraite où peuvent être hébergées des personnes âgées ou des garderies. Notre centre est un lieu communautaire qui répond aux besoins des aînés et les encourage à être créatifs. Ainsi, nos membres ne se contentent pas de suivre passivement les activités. Ils les réfléchissent et les mettent en place. Nous sommes fiers de dire que Mmoi Suad Sifri, qui est professeur de broderie bénévole, a 86 ans, et M. Kamal Shamshoum, qui est professeur de sport, a 80 ans ! Aujourd’hui, nous avons 386 membres, mais grâce au bouche à oreille, le nombre ne cesse de croître.

Comment expliquer une telle demande ? Est-ce dû à une moindre solidarité familiale entre les générations ?

Il est vrai que, traditionnellement, dans les villages, les personnes âgées vivent sous le même toit que leur famille élargie. Et qu’ils puissent bénéficier du soutien de leurs enfants. En revanche, dans les centres urbains, la vie change. Vieillir en ville peut s’accompagner d’un certain isolement à mesure que les enfants grandissent et quittent la maison. La plupart de nos membres vivent soit en couple, soit seuls parce qu’ils sont divorcés ou ont perdu leur conjoint. De plus, les gens ne préparent pas forcément la retraite – qui, en Paslestine, est prise à 60 ans, voire jusqu’à 65 ans – ce qui peut avoir des conséquences dramatiques.

Vous avez 58,53% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

Related Site