June 22, 2021

Pour l’Etat, la facture des PGE sera moins importante qu’on ne le craignait

Les 140 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat accordés aux entreprises pour surmonter la crise constituent-ils une véritable bombe à retardement pour l’économie, en raison du risque de faillites et de dettes impayées ? Une note rédigée par des chercheurs de l’Institut des politiques publiques (IPP) et publiée mercredi 9 juin relativise largement les risques traditionnellement associés aux PGE. Au contraire, selon ses auteurs, cette mesure « Semble avoir protégé ses bénéficiaires de faillites qui, autrement, auraient été inévitables ». Et compte tenu des perspectives de reprise économique, le risque de voir un grand nombre d’entreprises ne pouvoir rembourser leurs prêts est limité, soulignent les quatre économistes signataires de la note, Laurent Bach, Nicolas Ghio, Arthur Guillouzouic et Clément Malgouyres.

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« A court terme, au moins, notre diagnostic est plutôt rassurant », résume Arthur Guillouzouic. « Certes, les emprunts contractés par les entreprises ont augmenté leur endettement brut. Mais il semble que des entreprises aient souscrit massivement ces emprunts par précaution dans un contexte extrêmement incertain. Au lieu de cela, ils les ont utilisés comme assurance, sans dépenser d’argent. “ Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs de l’IPP ont examiné les bilans des sociétés cotées ayant bénéficié des PGE, ainsi que ceux des sociétés ayant clôturé leurs comptes avant le 31 décembre 2020.

« Une telle ampleur »

Le caractère massif des prêts garantis par l’État – près de 680 000 entreprises en ont bénéficié, soit une entreprise sur trois, dix fois plus que lors de la crise de 2008-2009 -, le montant des sommes engagées et le contexte de la crise peuvent en effet donner des sueurs froides aux banques, qui assument 10% du risque, comme à Bercy, qui en assume 90%. “Ces prêts ont tellement augmenté qu’on a craint que pour une grande partie des entreprises, l’endettement devienne rapidement insoutenable”, admet la note de l’IPP.

Philippe Brassac, président de la Fédération bancaire française et directeur général du Crédit Agricole, n’avait-il pas estimé, mi-janvier 2021, que 5 à 10 % des entreprises ayant contracté l’un de ces prêts pourraient ne pas être en mesure de respecter leurs échéances. ? Mi-mai, un rapport d’information de la commission des finances du Sénat s’inquiétait « Effets en cascade possibles liés aux PGE », cumulant défaillances d’entreprises incapables de rembourser leur dette, baisse des investissements et augmentation des créances douteuses pour les banques. Le scénario ultime et redouté étant qu’une crise financière s’ajoute à la crise liée au Covid-19.

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