June 22, 2021

En Hauts-de-France, le pôle industriel électrique de Renault se construit

Cela devrait renforcer son image de mécanicien « made in France ». Luciano Biondo, directeur industriel du pôle véhicules électriques et utilitaires de Renault dans le nord de la France, a mené à bien les négociations qui ont abouti à la signature, mardi 8 juin, d’un accord avec l’ensemble des partenaires sociaux. pour la création d’un grand complexe de production de véhicules électriques, « Le plus important et le plus compétitif d’Europe », selon l’entreprise, et appelé Renault ElectriCity.

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Le groupe losange se regroupera, à 1est janvier 2022, ses usines de Douai, Maubeuge (Nord) et Ruitz (Pas-de-Calais) au sein d’une même entité juridique, filiale à 100 % du groupe, selon le texte signé – fait rare – avec l’ensemble des syndicats, dont SUD et la CGT. Près de 5 000 emplois dans les trois usines sont ainsi sauvegardés et, aux termes de l’accord, 700 emplois supplémentaires seront créés entre 2022 et 2024, dont la moitié à Maubeuge (véhicules utilitaires) et l’autre moitié à Douai. (véhicules privés) et Ruitz (usine mécanique).

Le complexe industriel du Nord a parcouru un long chemin. Fin mai 2020, lorsque Renault annonçait un plan de suppression de 4 600 emplois en France, l’avenir des trois sites n’était pas garanti. Aujourd’hui encore, la santé économique du groupe, qui a affiché une perte nette de 8 milliards d’euros en 2020, est fragile. La situation sociale dans les fonderies travaillant pour le fabricant, qu’elles soient filiales ou sous-traitants, est catastrophique. A Douai, l’usine de production de Talisman, Scénic et Espace, qui est « Conçu pour fabriquer 300 000 véhicules par an, ne tourne qu’à 10 % de sa capacité », note Mariette Rih, déléguée syndicale FO. « Il fallait agir et réagir. L’accord conclu est une vraie bonne nouvelle. “

« Un dialogue social constructif »

Pourvu que les acheteurs de véhicules électriques soient là, Douai devrait donc être renfloué par la production de trois voitures : la Mégane électrique (les premiers véhicules d’essai viennent de sortir des lignes), puis, après 2023, la future Batterie R5 et tout autre Véhicule de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi produit sur la plate-forme de petits véhicules connue sous le nom de CMF-B-EV. Enfin, une troisième silhouette du segment C, qui pourrait succéder à la version électrique du Renault Kadjar, devrait également sortir de ces lignes.

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A Maubeuge, l’usine s’articulera autour du nouveau Kangoo E-Tech et à Ruitz, les boîtes de vitesses seront à terme remplacées par des boîtiers de batteries. « L’objectif est de se rapprocher des 400 000 voitures électriques produites par an d’ici 2025 pour l’ensemble du pôle Nord », résume Luciano Biondo. « Avec cet accord, nous avons démontré notre capacité à nous réformer, par un dialogue social constructif. C’est grâce à cela et à la mise en place d’un réseau local – partenaires, logisticiens, universités – que nous sommes en mesure de produire des véhicules en France », ajoute M. Biondo, débauché, fin 2020, par Renault de Toyota, où il avait remporté le même pari du “made in France” lorsqu’il dirigeait l’usine de Valenciennes. Il avait réussi à débarquer en 2019 la production des nouvelles Yaris et Yaris Cross, pourtant de petits véhicules jugés impossibles à fabriquer en France.

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