July 25, 2021

“Les Européens ont raté l’occasion de promouvoir une Union plus sociale”

Le sommet des dirigeants européens à Porto, les 7 et 8 mai, visait à relancer l’Europe sociale. L’a-t-il rempli ?

J’avais faim de plus. A Porto, on s’est plus occupé des symptômes que des causes. A aucun moment la déclaration de Porto n’identifie les obstacles structurels à la lutte contre la pauvreté en Europe. À mon avis, il y en a trois : l’absence d’harmonisation fiscale, l’existence d’une concurrence sociale entre les Vingt-Sept et, enfin, le Pacte de stabilité et de croissance et les contraintes macroéconomiques qu’il impose. aux Européens.

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Justement, le Pacte de stabilité et de croissance, qui était suspendu en ces temps de crise du Covid-19, sera réformé…

Il y a un débat pour le reste au sein de la Commission. Doit-on, grosso modo, revenir au plus vite, une fois la crise passée, au pacte tel qu’il existe ? Ou passer à autre chose et ainsi mieux inciter les Etats à lutter contre l’exclusion sociale ? J’ai rencontre [les vice-présidents de la Commission] Valdis Dombrovskis et Frans Timmermans, ainsi que les commissaires Paolo Gentiloni [à l’économie], et Nicolas Schmit [aux affaires sociales] : clairement, à la Commission, les avis sont partagés. Le fait que Nicolas Schmit ne soit pas associé à la task force chargée de réfléchir sur le sujet n’est pas bon signe.

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Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros conditionne l’aide aux Vingt-Sept à des critères stricts en matière de lutte contre le changement climatique ou de numérisation de l’économie. En matière sociale, c’est moins contraignant. Qu’est-ce que tu penses ?

C’est une carte que la Commission aurait dû jouer. Les Européens ont raté l’occasion de promouvoir une Europe plus sociale, même si le plan de relance prévoit des financements, par exemple, pour des projets menés par des ONG luttant contre l’exclusion. Avec mon équipe, nous avons étudié les plans de relance nationaux [que les Européens ont remis à la Commission afin d’accéder aux aides du plan de relance]. Malheureusement, à l’exception de l’Espagne, les ONG et les partenaires sociaux ont été très peu impliqués.

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L’UE fait encore semblant de croire que la croissance répondra aux attentes des personnes définitivement exclues. Nous savons que ce n’est pas le cas. Les questions sociales ne sont certes pas une compétence de l’UE, mais elles ont les moyens de créer un cadre qui facilite la lutte contre la pauvreté. La réforme du Pacte de stabilité et de croissance pourrait changer la donne.

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