June 23, 2021

“L’étiquetage des pots de miel est bloqué”

Matières premières. Les apiculteurs sont piqués. Et leur colère gronde comme un essaim d’abeilles en vol. L’objet de leur colère : l’apparente absence de volonté du gouvernement de faire respecter la loi. Officiellement, à partir du 1est Janvier 2021, l’étiquetage des pots de miel devrait enfin indiquer les pays d’origine du nectar, classés par ordre d’importance. Pourtant, début juin, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, seule la mention très elliptique « UE » ou « non UE » est en vigueur.

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Cependant, l’obligation d’être plus explicite a été votée dans le cadre de la loi EGalim. (des États généraux de l’alimentation) adoptée en 2018. Depuis, même si l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), qui regroupe 20 000 apiculteurs professionnels, n’a cessé d’exciter le gouvernement, la mesure est restée lettre morte. Rejeté une première fois pour vice technique, il est réapparu dans le cadre de la loi relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires, promulguée en juin 2020. Cependant, le décret n’a toujours pas été publié.

Aucune visibilité sur le plan de protection des pollinisateurs

Le sujet est loin d’être anodin. En effet, pour satisfaire la gourmandise des Français, les volumes de miel importés ne cessent de croître. Selon l’UNAF, elles auraient atteint 35 000 tonnes en 2020, pour une consommation totale de 40 000 tonnes. Il est vrai que le butin des butineuses tricolores avait été réduit au minimum en 2019, à près de 9 000 tonnes. Heureusement, la série météorologique s’est améliorée en 2020, et la production s’est redressée, avec une estimation comprise entre 18.000 et 20.000 tonnes.

Début 2021, les apiculteurs avaient le bourdon. Le gel, la pluie et le vent ont perturbé le travail des abeilles. Ils avaient moins de nectar de colza ou d’acacia à mettre sous leur trompe. Pas sûr, dans ces conditions, que la récolte de miel soit abondante cette année. Autre sujet d’inquiétude : ils affirment n’avoir aucune visibilité sur le plan de protection des pollinisateurs promis par le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, en août 2020.

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Ce plan a été annoncé au moment même où le gouvernement donnait son feu vert à la réautorisation, jusqu’en 2023, de l’utilisation des néonicotinoïdes pour la culture de betteraves atteintes de jaunisse. L’interdiction de ces insecticides mettant en danger les pollinisateurs a également été confirmée à Bruxelles. La Cour de justice de l’Union européenne a rejeté, début mai, le pourvoi de la société Bayer. De quoi donner des ailes aux abeilles…

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