June 23, 2021

“Depuis cinq ans, l’aciérie d’Ascoval a survécu au sort désastreux qui lui a été promis”

Pertes et profits. Évêque d’Amiens à la fin du VIe siècle, Saint Saulve parcourt son diocèse en promettant la vie éternelle à des troupeaux encore séduits par le paganisme. Le saint sauveur (Salve), saura-t-il arracher à la mort la principale industrie de la ville du nord qui porte désormais son nom ? Depuis cinq ans, et l’annonce de sa disparition, l’aciérie d’Ascoval survit au sort désastreux qui lui est promis. Depuis fin avril 2021, la banque Rothschild s’emploie à lui trouver un nouvel acquéreur après la faillite de son actuel propriétaire, le groupe britannique Liberty Steel. le Temps Financier cite Arcelor, l’allemand Saarstahl et l’italien Bertrame comme candidats.

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En 2019, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a pourtant cru pouvoir clore longtemps ce dossier, qui le poursuivait depuis son arrivée au ministère. “C’est une belle fin”, il l’avait lâché, soulagé, à l’occasion de la vente de l’usine. Trop heureux de mettre un terme à ce puzzle symbole, avec ses 280 ouvriers, de la désindustrialisation inéluctable de la France, il n’avait pas trop prêté attention aux cassandres qui faisaient courir le risque de faillite de ce nouveau repreneur.

Insuffisamment compétitif

Pourtant, les précédents ne plaidaient pas pour une issue pacifique. Créée en 1975 par le fabricant de tubes Vallourec, elle annonce sa fermeture en 2016, car elle aussi cherche à sauver sa peau et se débarrasse des actifs les plus chers et les moins compétitifs. Il renonce à une sidérurgie insuffisamment compétitive face à des géants comme Arcelor ou ThyssenKrupp. Face au tollé et à la mobilisation de ses salariés, des repreneurs sont trouvés. Ils s’appelleront Ascometal (qui donnera le nom Ascoval), puis Altifort, et enfin British Steel. Ils ont tous fait faillite quelques mois après la reprise de l’usine. En fin de compte, Liberty Steel n’échappera pas à la malédiction. Pas encore en faillite, mais ruinée par la faillite de son financier Greensill, elle vend ses nombreux actifs français, dont Ascoval et l’aciérie d’Hayange.

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Les deux sont liés depuis, pour sauver Ascoval, Hayange, constructeur de voies ferrées, a été sollicité pour commander ses barres d’acier à la société de Saint-Saulve. Déjà en 2019, à l’occasion du choix de British Steel, l’Etat avait rejeté des candidats sérieux, dont Arcelor, car ils voulaient Hayange, mais pas Ascoval. De même, Liberty Steel a décroché la pièce un an plus tard en acceptant de reprendre les deux sociétés.

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