July 24, 2021

“Noche De Fuego” en avant-première à Cannes avec 10 minutes d’applaudissements pour la mexicaine Tatiana Huezo

le Trafic de drogue et le sur les filles comme contexte et la magie de l’enfance comme intrigue : le film mexicain »Nuit de feu“, de Tatiana Huezo, parcourt ces deux mondes dans son premier film de fiction, sorti ce jeudi au Festival du film de Cannes avec 10 minutes d’applaudissements.

Le film est projeté dans la section officielle Un certain regard, le deuxième en importance du concours, et est une adaptation libre du roman “Ladydi”, de l’Américaine Jennifer Clement, à partir duquel la cinéaste de 49 ans jette son propre regard sur le Mexique.

« Cela montre une réalité qui n’est pas nouvelle. Le Mexique est un pays qui a été marqué par le pillage, par la violence, par l’impunité, et dans ce territoire où il est très difficile d’accéder à la justice, où tout est permis, où il est facile de disparaître, où il est facile de tuer et où il ne se passe rien . , la condition féminine est très exposée », raconte-t-il à EFE.

Les trois filles protagonistes de son film apprennent à survivre et deviennent invisibles dans une petite ville marquée par les effets collatéraux de la guerre contre le trafic de drogue, mais cette vigilance constante n’éteint pas leurs inquiétudes.

Nuit de feu parle de la magie qui habite ce moment de la vie, du jeu, de ce monde que ces petites filles construisent, qui est un refuge impénétrable. Pour moi, il était très important qu’il affiche un regard plus pur, plus conflictuel, honnête, face à la violence, en contrepoint de l’immobilité et du silence des adultes », ajoute-t-il.

Huezo a la double nationalité, mexicaine et salvadorienne, et a acquis une réputation internationale avec son premier documentaire, “Le plus petit endroit“, En 2011. Son deuxième projet,”Tempête”(2016), axé sur la violence mexicaine, a été récompensé comme meilleur documentaire aux Fénix Awards pour le cinéma ibéro-américain.

Ce nouveau film se déroule dans les montagnes de Guerrero, « Un endroit extrêmement violent, où amapola et il y a un trafic important de gomme d’opium pour produire de l’héroïne », mais il a été tourné dans la Sierra Gorda de Querétaro en raison de la dangerosité de cette première enclave.

La réalité, selon le réalisateur de Cannes, dépasse la fiction.

« Les femmes mexicaines grandissent avec peur, peur de marcher dans la rue à certaines heures de la nuit, peur de rentrer chez elles après une fête, peur de porter une jupe. Des filles et des femmes disparaissent tous les jours », dénonce-t-il.

Misez sur le documentaire et la fiction

Faire ce film lui a ouvert de nouveaux horizons professionnels. « Je me sens très libre de pouvoir passer de la fiction au documentaire. Je suis également tombé amoureux de ce que cela signifie de travailler avec l’interprétation, de pouvoir transférer des émotions humaines et de pouvoir les mettre dans la peau d’un personnage », confie-t-il.

Cette double piste se reflète dans ses prochains projets. Une nouvelle fiction sur lui Avortement et un documentaire, “L’écho« », À propos des enfants de paysans qui apprennent à être dans le monde des adultes « et à propos de » cette voix que les parents plantent en nous quand nous sommes petits et qui y reste stockée pour toujours.

Huezo est mère d’une fillette de neuf ans, elle a donc l’impression que tout son monde en ce moment est plongé dans l’enfance, et elle croit que le cinéma n’a pas le pouvoir de changer le monde, “mais de provoquer la réflexion”, voir d’autres réalités et rapprocher des peuples différents.

“C’est une fenêtre très puissante pour pouvoir montrer et communiquer ce qui se passe dans d’autres endroits, et aussi se tourner pour se voir”, dit-il.

Dans cette ligne, “Nuit de feu» Remet sur la table la violence dans son pays à une époque où, selon lui, les Mexicains s’y sont habitués et ont cessé de la remettre en question, « parce que la vie continue et qu’on ne peut pas non plus vivre plongé dans une tragédie permanente ».

Son film n’est pas le seul représentant mexicain dans Una Cierta Mirada, qui se termine ce vendredi.

Au “Civil« Coproduite par Michel Franco, la réalisatrice roumaine Teodora Ana Mihai montre jusqu’où une mère est prête à aller pour sauver sa fille et raconte l’histoire d’une femme au foyer qui se venge d’elle pour la sauver d’un cartel.

“C’est une grande joie d’être ici (à Cannes), un immense privilège après une année extrêmement difficile, à un moment clé où les films de deux ans se sont accumulés”, conclut Huezo en référence à l’édition 2020, dont le concours était annulé par la pandémie.

Avec les informations de l’EFE