August 5, 2021

Entre folies aristocratiques et esprit des Lumières, cinq jardins historiques à visiter

LISTE DU MATIN

L’arrivée de la belle saison et la levée des mesures de confinement, malgré les restrictions toujours en vigueur pour les déplacements lointains, ne sont-elles pas une incitation à s’éloigner de chez soi ? Et si c’était dans les grands, beaux mais souvent méconnus jardins historiques du XVIIIee siècle?

Ceux qui ont été conservés à ce jour sont peu nombreux, et ils ont souvent souffert des outrages du temps. Le fabuleux jardin de Beaumarchais, dans le Marais, à Paris, a disparu, et le parc Monceau diminué est devenu l’un des jardins publics parisiens.

Et pourtant, la poignée de survivants, restaurés avec soin et objet de toutes les attentions, comme le hameau de la Reine, à Versailles, ou un temps menacés, comme le parc Jean-Jacques-Rousseau, à Ermenonville, ont pour les visiteurs d’aujourd’hui ont un formidable pouvoir d’évocation. Histoire d’abord aristocratique et… chère, ou annonciatrice, dans les jardins philosophiques, des bouleversements à venir. Et puis poétique, avec leurs étangs reflétant le ciel, leurs grottes et cascades, leurs obélisques, pyramides et fausses ruines, ces fameuses « usines » symboliques ponctuant des paysages travaillés inspirés de la nature.

Pour découvrir ces jardins étonnants, Le matin vous emmène chez le duc de Choiseul, à Chanteloup, le marquis de Girardin, à Ermenonville, la reine Marie-Antoinette, à Versailles, François de Monville, au désert de Retz, et chez le (très) riche Jean-Joseph de Laborde, à Méréville.

La pagode de Chanteloup

Vue de la pagode de Chanteloup, près d'Amboise, en Touraine.

Entre 1770 et 1774, le duc de Choiseul, ancien ministre de Louis XV tombé en disgrâce, s’exile dans son domaine de Chanteloup, en Touraine, près d’Amboise. La pagode que l’on y voit aujourd’hui, d’inspiration anglo-chinoise, mais de style Louis XVI, a été érigée en 1775, dédiée à la reconnaissance et à l’amitié que ses visiteurs. Possédé successivement par le chimiste Chaptal – avant que le château ne soit détruit en 1823 – puis par le futur roi Louis-Philippe, il appartient depuis 1913 aux descendants du paysagiste Edouard André (1840-1911).

Au cours du siècle dernier, ils ont travaillé à sa restauration et à recréer le bassin d’origine, en forme de demi-lune, que l’on peut admirer aujourd’hui, ainsi que la grande pelouse avec des boules de gazon qui occupe l’espace de l’ancien canal. Il faut monter en haut de l’immeuble : la vue est imprenable sur le parc, la forêt, avec ses sept chemins forestiers à pattes d’oie, et le Château d’Amboise. L’ancien pavillon de la conciergerie abrite un petit musée iconographique, présentant les plans des anciens jardins et du palais. Un petit jardin d’inspiration chinoise complète la visite.

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