August 5, 2021

La fresque dite des « paons », coup d’éclat à la Samaritaine

Ce soir-là, dans le journal télévisé des grandes chaînes, des clients en pleurs témoignaient, des syndicalistes enragés, des vendeurs peinant à réprimer leurs sanglots. Le 15 juin 2005, l’annonce de la fermeture pour raisons de sécurité de la Samaritaine, le grand magasin qui surplombe le Pont-Neuf, à Paris, a fait écho dans les médias. Ceci, jusqu’au casque d’Yves Calvi qui a consacré une heure à l’antenne, dans l’émission « C dans l’air », sur France 5, lors de cet événement, glissant les questions des téléspectateurs reçues à ses invités « Par Minitel »…

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Seize ans plus tard, la réouverture du navire, à l’heure des réseaux sociaux, ne devrait pas être moins retentissante : finalement prévue le 23 juin, l’inauguration devrait symboliser la reprise de vigueur dans la capitale française après des mois d’apathie. pandémie. Que verra-t-on exactement dans la « Samaritaine Paris Pont-Neuf », cet immense temple de la consommation ressuscitée qui s’étend sur 20 000 mètres carrés ?

Premier grand magasin à Paris

Dur à dire. LVMH, son propriétaire depuis 2001, soucieux de maximiser l’effet de surprise, préfère garder, jusqu’aux dernières heures, un voile de mystère. Le groupe de Bernard Arnault précise qu’il y aura « un grand magasin, un palace Cheval Blanc, 96 logements sociaux, une crèche et des bureaux ».

Autre certitude, on y retrouvera la grande fresque dite « des paons ». Ce chef-d’œuvre Art Nouveau, installé sous la verrière, est attribué à Francis Jourdain, le fils de Frantz Jourdain, l’architecte de la Samaritaine. La fresque incarne à elle seule l’image esthétique que le bâtiment nourrit auprès du grand public. « C’est un de ces éléments patrimoniaux originaux que nous voulions absolument préserver », explique Christian Reyne, architecte en charge de l’immobilier chez LVMH.

La création de la fresque remonte à 1907. A l’époque, la Samaritaine avait déjà derrière elle des décennies d’histoire. Fondée en 1870, l’adresse a progressivement séduit une clientèle – surtout féminine – avec des biens désirables de toutes sortes et sans cesse renouvelés. Et a fini par doubler le Bon Marché, le Printemps, mais aussi les Grands Magasins du Louvre, A la Belle Jardinière ou Aux Trois Quartiers, tous ces concurrents nés avant lui, entre les années 1820 et 1860, et dont beaucoup seront sources d’inspiration pour les pages de Pot-Bouille (1882) ouAu bonheur des dames (1883) par Emile Zola… En 1907, voici la Samaritaine capable de s’imposer comme le premier grand magasin de Paris.

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